Meurtre du parachute: 30 ans de réclusion

La Cour d’assises de Tongres (Limbourg) a condamné Els Clottemans à 30 ans d’emprisonnement pour le meurtre, avec préméditation, de son amie et rivale amoureuse Els Van Doren, fin 2006. L’avocat général avait demandé la perpétuité, la défense plaidait en faveur de circonstances atténuantes. L'institutrice de 26 ans a reçu la peine la plus sévère après la perpétuité.

En attribuant à Els Clottemans une peine de 30 ans d’emprisonnement, ce jeudi après-midi, les 12 jurés et les 3 juges professionnels se sont montrés un peu moins sévères que l’avocat général, Patrick Boyen, qui avait réclamé la perpétuité pour la jeune femme reconnue coupable mercredi soir d’homicide volontaire, avec préméditation, sur la bijoutière Els Van Doren (38 ans), en novembre 2006.

Selon le président de la Cour d’assises de Tongres, les faits « lourds et horribles » ne présentaient aucune circonstance atténuante. Michel Jordens a également indiqué que la jeune femme de 26 ans représentait un danger futur pour la société, en raison de sa personnalité.

Les juges et le jury populaire ont cependant tenu compte de sa « personnalité en triste état » pour ne pas lui attribuer la réclusion à perpétuité, mais la deuxième plus lourde peine dans ce cas.

"Elle n’a pas voulu devenir ce qu’elle est maintenant"

Après avoir jugé Els Clottemans coupable de meurtre avec préméditation, ce mercredi soir, la Cour d’assises s’était réunie une dernière fois à Tongres ce jeudi, dès 10h00, pour se prononcer sur la peine à attribuer à la jeune institutrice. Dans le cas d’un homicide volontaire avec préméditation, la peine peut aller de 3 ans à la prison à la perpétuité.

Patrick Boyen, l’avocat général, avait pris la parole en premier et réclamé la prison à perpétuité pour la jeune femme. Il estimait qu’il n’y a aucune circonstance atténuante, en raison de la gravité des faits et de la personnalité de la meurtrière.

Les avocats de la défense voyaient eux, par contre, des circonstances atténuantes pour Els Clottemans. Katrien Van der Straeten a souligné que la jeune institutrice avait perdu très tôt son père, qu’elle avait fait plusieurs tentatives de suicide et qu’elle souffrait de troubles de l’alimentation. Et l’avocate d’ajouter que l’amant des deux femmes rivales, Marcel Somers, porte aussi une part de responsabilité. "Il faut couper en deux la peine que vous attribuerez à Els Clottemans et en donner l’autre moitié à Marcel Somers".

L’autre avocat (photo) de Clottemans a plaidé en faveur d’une peine raisonnable, "car si vous voulez montrer à quelqu’un qu’elle doit être humaine, vous devez lui donner une peine humaine". Selon lui, la coupable comprend qu’elle a des problèmes psychologiques et a d’ailleurs suivi un traitement de sa propre initiative. "Elle n’a jamais voulu devenir ce qu’elle est maintenant".

Le jury s’était ensuite réuni dès 11h00 avec les trois juges professionnels pour discuter de la peine effective. Il appartenait aux juges de trouver un compromis entre les avis des jurés. Et vers 14h30, le président de la Cour lisait le verdict.

Els Clottemans n’aura pas d’autre choix que la prison, car en Cour d’assises il n’y a pas de possibilité d’interjeter appel, indique le juge Nico Snelders. "Si la loi a été enfreinte, la défense peut cependant aller en Cassation, endéans les 15 jours".