"C’est un très mauvais point de départ"

Au lendemain de la désignation du socialiste flamand, Johan Vande Lanotte, comme conciliateur royal, la N-VA garde un goût amer en bouche. Le parti de Bart De Wever ne comprend toujours pas pourquoi il n’a pas été entendu par le roi. Il se pose également des questions sur la durée de la mission.

Hier, le député de la N-VA, Jan Jambon, avait déjà fortement critiqué la mission de conciliation de Johan Vande Lanotte. La nuit ne semble pas avoir calmé l’irritation du parti nationaliste flamand. "Cette désignation ne nous a vraiment pas enchanté", a ainsi répété le ministre flamand Geert Bourgeois, lors de l’émission matinale de Radio 1, De Ochtend.

L’ancien président de la N-VA a souligné que son parti n’avait rien contre Johan Vande Lanotte, mais qu’il avait été irrité par le fait qu’il n’avait pas été entendu par le Palais. "Mon parti est le plus grand parti, et la N-VA a été le seul des sept partis à ne pas avoir été consulté par le roi. Le nom de Vande Lanotte a été avancé après un entretien de trois heures entre la Cour et Elio Di Rupo", a-t-il encore indiqué.

Le ministre flamand se pose également des questions sur la durée de la mission royale. Celle-ci doit durer deux à trois semaines, mais "tous les éléments sont connus", estime M. Bourgeois. "Tant de temps pour des calculs, ce n'est pas nécessaire", juge-t-il en évoquant le travail de vérification des différentes hypothèses sur la loi de financement prévu avec la Banque nationale et le Bureau du plan.

"S'il y a un accord sur les principes, il suffit de les encoder dans l'ordinateur", relève-t-il. "Il existe des instituts où tous ces chiffres peuvent sortir en une journée", ajoute Geert Bourgeois, selon qui il reste juste à savoir si tout le monde veut ou non une responsabilité fiscale.

Geert Bourgeois a confirmé que la N-VA allait bien sûr s’entretenir avec Johan Vande Lanotte, "mais tout le monde doit bien admettre que c’est tout de même un mauvais point de départ. Si l’on veut créer la confiance et que le plus grand parti du pays n’est pas inclus dans la formule, on crée alors un problème", conclut-il.

Notons enfin qu’à l’instar de son collègue de parti Jan Jambon, Geert Bourgeois focalise le blocage sur la position du PS vis-à-vis de l'autonomie fiscale des entités fédérées. La N-VA se dit victime du camp socialiste, non seulement de la part du PS, mais aussi à travers l'appel de la FGTB contre la "pensée unique" des nationalistes flamands, ou encore à travers certains propos de responsables SP.A tels que Louis Tobback.