Le danger d’inondation diminue partout

Au terme de deux jours de chutes de pluie ininterrompues, la Belgique panse ses plaies. La météo s’annonce sèche maintenant, mais le niveau de l’eau reste élevé en divers endroits, notamment en Brabant flamand et en Wallonie. Le bilan global des dégâts ne peut encore être établi, alors que la ministre de l’Intérieur, Annemie Turtelboom, estime que les services de secours étaient bien préparés pour intervenir face aux intempéries.

Après avoir arrosé la Belgique pendant deux jours sans discontinuer, la pluie a cessé de tomber depuis dimanche soir et le temps devrait rester sec ces prochains jours. Les intempéries - qui en certains endroits ont fait tomber jusqu’à 80 litres d’eau par mètre carré - ont cependant causé d’importants dégâts, notamment en Brabant flamand, dans le Limbourg et en Wallonie.

Ce lundi, le risque d’inondation avait diminué dans l’ensemble du pays. La situation restait cependant encore très critique à Londerzeel, Leeuw-Saint-Pierre, Beersel, Tubize, Wavre, Grammont, Alost et en certains endroits dans le Hainaut. C’est d’ailleurs dans cette province que trois personnes ont perdu la vie ce week-end en raison des inondations.

Sur le campus de Diepenbeek, appartenant à l'Université de Hasselt (Limbourg), les cours sont suspendus jusqu'à mercredi en raison d'inondations. Les caves de bâtiments y sont sous eau.

Situation précaire en Wallonie

En Brabant wallon, le plan catastrophe provincial a été levé, bien que plusieurs communes soient encore sous eau. Dans le Hainaut, le niveau de la Dendre continuait même encore à monter.

Les plus gros problèmes d’inondation se présentaient ce lundi matin encore à Tubize (photo), dans la vallée de la Senne, où 400 habitations ont été évacuées dans la nuit de dimanche à lundi et une partie de la commune est sans électricité. Dans la région de Wavre, les écoles restaient fermées ce lundi.

Dans le Hainaut, le niveau de l’eau atteignait encore 1 mètre près de Lessines. Selon les pompiers, il ne servait d’ailleurs à rien de pomper l’eau ce lundi. L’armée a évacué plusieurs habitants pendant la nuit, avec l’aide des pompiers.

Ce lundi matin, l’ampleur des dégâts d’eau ne pouvait pas encore être estimée. De nombreux habitants n’ont encore pu évaluer les dommages causés par les intempéries à leur habitation. Mais à mesure que l’eau se retire, ils vont pouvoir mesurer les dégâts et réaliser un dossier pour leur compagnie d’assurance. Depuis le changement de loi de 2007, les dégâts des eaux sont obligatoirement compris dans l’assurance incendie des particuliers.

La Protection Civile a déjà annoncé qu’elle ne mettrait un maximum de son personnel à disposition que lorsque toute l’eau se serait retirée.

L’Institut Royal de Météorologie va maintenant étudier les mesures de ces derniers jours, afin de voir notamment si les intempéries peuvent être considérées comme une catastrophe naturelle.

Turtelboom : "Nous étions bien préparés"

Le ministre-président flamand Kris Peeters, mais aussi la ministre Hilde Crevits responsable des voies navigables de par ses compétences en matière de Mobilité, et la ministre Joke Schauvliege en charge des voies non navigables via son portefeuille de l’Environnement, sont descendus ce lundi sur le terrain des inondations en Flandre.

Ils ont visité les écluses de Hal et de Lot, le long du canal Charleroi-Bruxelles, ainsi que le centre de crise de Leeuw-Saint-Pierre. Dans l’après-midi, ils devaient se rendre également à Londerzeel, en Brabant flamand.

Entretemps, la ministre de l’Intérieur Annemie Turtelboom (Open VLD, photo) estime que les services de pompiers et la Protection Civile étaient très bien préparés aux dégâts que pouvaient occasionner les intempéries de ces derniers jours. Elle s’en est expliquée ce lundi matin sur les ondes de la première chaîne radio de la VRT.

"Des sacs de sable avaient déjà été remplis et le matériel lourd avait été préparé, voire même acheminé vers les endroits critiques. Mais il s’agissait bien entendu encore d’une situation de crise. Si bien préparés que nous ayons pu être, des habitants ont eu les pieds dans l’eau et les inondations ont causé de gros dégâts".

La ministre constate néanmoins que la situation a souligné une nouvelle fois que les compétences sont fragmentées en Flandre quand il s’agit de pallier à une situation d’urgence telle que celle qui s’est produite ce week-end. "Nous allons devoir analyser la situation, pour voir comment améliorer notre approche", conclut Turtelboom.

En collaboration avec le secteur des assurances, la ministre de l’Intérieur démissionnaire veut étudier si la situation des personnes qui ont subi des dégâts des eaux peut être simplifiée en élaborant pour elles un formulaire simple de demande de dédommagements.

"Nous pourrions par exemple élaborer une simple liste de choses à contrôler, qui permette aux habitants touchés par les intempéries d’établir aisément leur dossier de demandes de dédommagement", explique Annemie Turtelboom.