Harcelé et torturé par des collègues pendant 10 ans

Vingt-cinq personnes, ainsi que l’entreprise en tant que personne morale, sont inculpées pour s’être rendues coupables de harcèlement moral et de violences physiques à l’encontre d’un ouvrier de l’usine Mactac, à Soignies (Hainaut). L’homme est aujourd’hui âgé de 54 ans et en congé de maladie.

Le Parquet de Mons étudie actuellement le dossier de Daniel, un ouvrier âgé de 54 ans qui, pendant plus de 10 ans, a été victime de harcèlement moral et de violences physiques, avoisinant parfois la torture, venant de collègues. Vingt-cinq personnes seraient inculpées, de même que l’entreprise en tant que personne morale, indique le magazine Paris-Match, qui publie ce jeudi un reportage à ce sujet.

Les faits sont prescrits, selon le Parquet. La Chambre du conseil rendra son jugement en janvier 2011 au sujet du renvoi, ou non, des 25 suspects en Cour correctionnelle. Dans un communiqué de presse, le Parquet s’étonne que, vu la gravité des faits, la victime ait attendu jusqu’en 2008 avant de porter plainte officiellement contre les collègues impliqués.

L’avocat de la victime, Christophe Marchand (photo), souhaite que certains des suspects soient accusés de torture.

Images d’une caméra de surveillance

Les pratiques de harcèlement à l’encontre de la victime ont débuté à la fin des années 1990, lorsque Daniel rejoignit l’équipe de nuit de l’usine Mactac à Soignies. Comme le montre les images d’une caméra de surveillance de la fabrique - diffusée ce mercredi par la télévision privée RTL-TVi (photo principale) - l’homme a notamment été ligoté par des collègues sur une palette et a dû y subir des humiliations dont certaines à caractère sexuel.

Un collègue lui aurait aussi laissé tomber une pièce de machine sur la main, lui brisant ainsi le pouce, tandis qu’il aurait été à un autre moment enfermé dans une cage et aspergé de kilos de talc, sous lesquels il serait presque mort étouffé.

Les violences physiques ayant débuté en 2000, l’ouvrier aurait signalé les faits en 2002 à la direction et en 2003 à la médecine du travail. Sans effets apparents. Le harcèlement aurait duré jusqu’à la fin de l’année 2007. Daniel a ensuite dû prendre un congé de maladie, ne pouvant plus supporter les harcèlements et tortures.

Selon la direction de Mactac, une aide psychologique aurait été fournie à la victime, qui aurait aussi été changée de poste. Les abuseurs auraient eux été licenciés. Elle affirme en outre que l’ouvrier aurait toujours refusé, jusqu’en 2008, que la vidéo de surveillance ne soit montrée à quiconque.

Les sévices qui lui ont été infligés étant prescrits après 5 ans, la vidéo n’est donc plus utilisable comme matériel à conviction pour un éventuel procès.