Meurtre de Politkovskaïa: l’enquête mène à Liège

Des enquêteurs russes se trouvent en Belgique où ils se livrent à une chasse à l'homme pour retrouver l'assassin de la journaliste russe Anna Politkovskaïa, tuée le 7 octobre 2006 à Moscou.

Trois enquêteurs russes se sont rendus dans le cadre de cette enquête à Liège pour assister à l’exécution, par les Belges, de devoirs d’enquête demandés par Moscou. Mais après que leur présence eut été connue, une course contre la montre a été engagée, selon plusieurs sources, dont l'une a déclaré que la vie des agents était "en danger".

Le quotidien Le Soir, citant des sources judiciaires anonymes, a écrit que le tueur pourrait se cacher en Belgique, et qu'une opération reposant sur des écoutes téléphoniques était en cours. Toujours selon le quotidien, un premier devoir d’enquête avait déjà été mené par les Russes en Belgique il y a deux ans.

Cette deuxième enquête judiciaire a été ouverte à la suite d'une requête en octobre dernier de la Russie, après une première enquête, il y a deux ans, également à la demande des autorités russes, qui s'était soldée par l'acquittement de trois personnes.

La justice russe a prolongé le 6 octobre l'enquête, qui, selon les défenseurs des droits de l'homme, est plus que jamais dans l'impasse.

Anna Politkovskaïa, l'une des rares personnes en Russie à dénoncer les exactions en Tchétchénie, et une critique acerbe du régime de Vladimir Poutine, alors président, a été tuée par balle dans le hall de son immeuble moscovite.

Vladimir Poutine, aujourd'hui Premier ministre, avait alors jugé "insignifiante" l'influence de la journaliste, soulignant que son meurtre "nuisait plus au pouvoir en Russie et en Tchétchénie que ses publications".