L'Union vient en aide à l'Irlande

Réunis ce dimanche à Bruxelles en session extraordinaire (photo), les ministres des Finances des 27 pays membres ont approuvé en soirée le plan d’aide de l’Union européenne à l’Irlande, qui fait face à un déficit public astronomique. Le pays en difficultés recevra un prêt de 85 milliards d'euros. Les ministres se sont aussi accordés sur la contribution du secteur privé dans le mécanisme de sauvetage.

Les ministres des Finances de la zone euro, dans un premier temps, puis de tous les 27 pays membres de l'Union étaient réunis ce dimanche à Bruxelles pour se concerter sur le plan de sauvetage pour l'Irlande, sur lequel le gouvernement irlandais, l’Union européenne, la Banque Centrale Européenne et le Fonds Monétaire International (FMI) s'étaient déjà entendus. 

Ce plan, qui fait de l'Irlande le deuxième pays de la zone euro en six mois à recevoir un soutien important pour faire face à un déficit public astronomique, est notamment destiné à renflouer les banques irlandaises.

En soirée, les ministres européens des Finances ont déclaré s'être "mis d'accord à l'unanimité pour accorder une aide financière de l'Union et du Fonds Monétaire International" à l'Irlande,

Le montant du prêt à l'Irlande s'élève à 85 milliards d’euros, sur 3 ans, dont 35 milliards sont destinés au secteur bancaire criblé de dettes et 50 milliards pour assainir l’économie du pays en difficultés.

Un tiers du montant total (22,5 milliards d'euros) sera fourni par le Fonds Monétaire International, un autre tiers proviendra d'un instrument de prêts de l'ensemble de l'Union, garanti par le budget communautaire, tandis que le tiers restant viendra du Fonds européen de stabilité de la zone euro et de prêts bilatéraux du Royaume-Uni, de la Suède et du Danemark.

En contrepartie, l'Etat irlandais financera la moitié des mesures d'aide au secteur bancaire et les Irlandais devront réaliser d’importantes économies ces prochaines années (réductions dans les dépenses publiques et hausses d'impôts). Samedi, la population irlandaise a manifesté en masse dans les rues de Dublin (photo) pour protester contre les mesures d’austérité annoncées.

L'Union a donné à l'Irlande un an de plus, soit jusqu'en 2015, pour ramener son déficit public dans la limite européenne autorisée de 3% du produit intérieur brut. Les 27 ministres se sont également mis d'accord à Bruxelles sur les modalités de contributions des banques privées qui prêtent aux Etats.

En soutenant l'Irlande, l'UE et le FMI espèrent éviter une contamination d'autres finances publiques fragiles, comme celles du Portugal ou de l'Espagne, et une déstabilisation de toute l'Union monétaire.

Pour rassurer les marchés, les 16 ministres de la zone euro ont également accéléré ce dimanche les préparatifs pour la création d'un Fonds de soutien permanent aux pays en crise. Ce dernier devrait voir le jour vers le milieu de 2013, en remplacement du mécanisme temporaire actuel.

"La zone euro doit défendre sa monnaie"

Les 16 pays de la zone euro doivent réagir et tout entreprendre pour sauver leur monnaie. C’est ce qu’a déclaré dimanche le ministre belge des Finances, Didier Reynders (MR, photo), à l’ouverture de la réunion à Bruxelles des ministres européens des Finances.

Reynders présidait cette réunion étant donné que la Belgique assume actuellement la présidence tournante de l’Union. "Nous devons approuver toutes les mesures qui nous permettront, à l’avenir, de faire face à toutes les nouvelles difficultés", a déclaré le ministre belge.