"La situation en Belgique pas inquiétante"

Pour Herman Van Rompuy, interrogé ce lundi matin à la VRT radio, "les facteurs objectifs finissent toujours par l'emporter". Or, précise-t-il, "la Belgique dispose d’un bon dossier et survivra à la crise économique. Même si nous n’avons toujours pas de gouvernement en 2011, notre déficit ne s’élèvera qu’à 4,7%, alors que nous devrions atteindre 4,1%. Avec un petit effort, nous y parviendrons".

Ces derniers jours, plusieurs articles avaient laissé entendre que la Belgique, toujours privée de gouvernement, pourrait être la prochaine cible des marchés financiers.

Même le ministre des Finances, Didier Reynders (MR), estime ce lundi dans les colonnes du quotidien De Morgen que la persistance des négociations en vue de la mise sur pied d'un gouvernement fédéral pourrait susciter "un climat psychologique, source de difficultés dans quelques semaines" sur les marchés financiers.

Didier Reynders, dont le parti ne participe pas aux négociations en vue de la formation du prochain gouvernement, ajoute que "l'instabilité politique est un problème plus important que l'ensemble des éléments positifs que nous pouvons mettre sur la table" pour justifier la bonne santé de notre économie.

Notre déficit budgétaire est l'un des plus bas d'Europe

Le président du Conseil européen, et ancien Premier ministre belge Herman Van Rompuy, se veut plus rassurant. Il rappelle que lorsqu'il était Premier ministre, il avait fait confectionner par son gouvernement un budget sur deux ans.

L'effort ne sera pas très important en 2011 pour ramener le déficit de 4,7% à 4,1%, précise-t-il, même en l'absence de nouveau gouvernement.

Van Rompuy reconnaît cependant qu'il faudrait, pour consolider le climat psychologique, "accélérer" les négociations en vue de la formation de la nouvelle équipe, même si, à ce stade, la crise politique n'est pas encore aussi longue qu'en 2007.

Herman Van Rompuy rappelle que "le déficit budgétaire de la Belgique est parmi les plus bas d’Europe. Il est inférieur à celui de la France, des Pays-Bas ou de la Grande-Bretagne et aussi important que celui de l’Allemagne. Si la Belgique a une dette importante, celle-ci a été fortement réduite ces dernières années", conclut le président du Conseil européen.

Guy Quaden plaide pour une réduction résolue mais progressive de la dette

Malgré une croissance économique supérieure et un déficit public inférieur à la moyenne de la zone euro, la Belgique doit réduire son déficit et son ratio de dette, et ce afin de rassurer les agents économiques, de préserver le bien-être et de garantir la sécurité sociale, a résumé lundi Guy Quaden, le gouverneur de la Banque nationale, au cours d'une conférence de presse.

"Il va falloir trouver entre 20 et 22 milliards d'euros dans les cinq années à venir.

Dans ce contexte, il faut une réduction résolue mais progressive de la dette.

Plus tôt les mesures nécessaires seront prises, plus elles seront supportables", a-t-il analysé.

Le gouverneur de la Banque nationale a appelé à la formation rapide d'un gouvernement stable. "Ca ne serait pas mal si nous avions un gouvernement stable dans les semaines à venir afin d'expliquer comment la Belgique peut atteindre ses objectifs budgétaires, dont celui d'un retour à l'équilibre en 2015", a ainsi déclaré le gouverneur de la BNB.