Les partis flamands aussi critiques pour De Wever

Les propos du président de la N-VA dans l’interview qu’il a accordée à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel ne suscitent pas seulement de vives réactions de la part des partis francophones, cible principale des critiques de Bart De Wever. Le président du CD&V Wouter Beke estime ainsi par exemple que ces propos ne sont ni corrects ni sages, alors que le Commissaire européen Karel De Gucht relativise la portée de ces déclarations.

Selon le président intérimaire du parti démocrate-chrétien flamand, Wouter Beke (photo), l’analyse de Bart De Wever n’est pas correcte. « La Belgique n’est pas le malade de l’Europe. Avec notre croissance économique, notre croissance dans le domaine de l’emploi et nos chiffres du budget, nous faisons partie des meilleurs élèves de la classe européenne », estime Beke.

Ce dernier juge aussi peu sages les propos du président de la N-VA. « Nos chiffres macro-économiques peuvent être positifs, mais notre climat politique incertain nous rend fragile sur les marchés financiers internationaux. Donner l’image erronée que nous sommes le malade de l’Europe renforce les risques de devenir la proie des marchés internationaux ».

Le président intérimaire du CD&V estime que De Wever doit « avoir le courage de prendre ses responsabilités » et demande que les négociations institutionnelles à 7 partis se poursuivent.

Le Premier ministre démissionnaire Yves Leterme (CD&V, photo principale) se joint aux propos de Wouter Beke, affirmant que la Belgique est loin d’être malade mais plutôt l’une des deux ou trois économies les plus saines d’Europe. Il rappelle le rapport récent du Fonds Monétaire International, qui indiquait que la Belgique fait partie des pays européens qui prestent le mieux.

Le président du parti écologique flamand Groen ! doute pour sa part des intentions du président de la N-VA. « On dirait que De Wever a déjà décidé de faire échouer les négociations, mais qu’il maintient les six autres partis en laisse. Cela commence à nous désoler », déclare Wouter Van Besien.

Quant à la présidente des socialistes flamands, Caroline Gennez (photo), elle affirme ne pas avoir envie de réagir avec beaucoup de mots aux propos de Bart De Wever. « Je ne peux qu’appeler De Wever et les autres partis à revenir à la table des négociations et de mettre toute leur énergie dans ces discussions, plutôt que dans un jeu de stratégie politique ».

"Le monde pas suspendu aux lèvres de De Wever"

Le Commissaire européen au Commerce, le libéral flamand Karel De Gucht, ne pense pas quant à lui que les propos de Bart De Wever auront de lourdes conséquences pour la position internationale de la Belgique. « Je peux imaginer que ces propos ne seront pas sans importance en Belgique, mais je doute que le reste du monde soit autant suspendu aux lèvres de Bart De Wever ».

Selon De Gucht (photo), le risque de créer des problèmes avec les marchés financiers est également limité. « Si l’on regarde la situation économique, il n’y a pas de bonne raison de croire qu’il puisse y avoir une spéculation contre la Belgique ».

Le Commissaire européen note également que, au sens strict, la N-VA n’est pas indispensable pour former un nouveau gouvernement. « Nous partons du principe que le monde entier pense que seul un gouvernement avec De Wever est possible actuellement en Belgique. Mais peut-être qu’ils comprendront plus rapidement à l’étranger qu’ici en Belgique qu’un parti qui remporte 27% des voix dans une moitié du pays n’est pas par définition nécessaire pour former un nouveau gouvernement ».

Selon Karel De Gucht, l’image de la Belgique en Europe et dans le monde n’est pas du tout aussi mauvaise que nous le pensons. « Nous menons actuellement une excellente présidence à l’Union. En Europe, on ne comprend plutôt pas comment un pays qui peut si bien gérer l’Europe ne peut pas se gérer lui-même ».

Les plus consultés