La crise politique a battu tous les records

Le cap des 194 jours --le précédent record, datant de 2007-- pour former une coalition a été atteint ce vendredi 24 décembre. Il n'y a donc pas eu de gouvernement sous le sapin de Noël des Belges, qui semblent d'ailleurs plus préoccupés par la vague de froid exceptionnelle des derniers jours que par les dernières péripéties politiques.

La Belgique a battu samedi le record de la crise politique la plus longue de son histoire.

Le socialiste flamand Johan Vande Lanotte doit présenter le 3 janvier une "proposition de compromis global". Les partis devront dire deux jours plus tard s'ils acceptent de continuer à négocier sur cette base.

Un accord de coalition n'est donc pas attendu au mieux avant plusieurs semaines, alors que les milieux économiques réclament un gouvernement pour s'attaquer au déficit et à la dette publique.

Le ministre des Finances, Didier Reynders (MR), a affirmé mardi que la Belgique devait "d'ici à trois mois" prendre des mesures d'économies pour éviter une attaque spéculative comme celle ayant visé la Grèce ou l'Irlande.

Les négociations menées par sept partis sous la houlette des deux grands vainqueurs du scrutin (N-VA et PS)  patinent depuis la fin de l'été.

Au coeur du blocage, la plus large autonomie, notamment fiscale, réclamée par la Flandre.

Les partis francophones, d'abord réticents, ont fait d'importantes concessions, acceptant notamment des transferts importants de compétences aux régions (Flandre, Wallonie et Bruxelles).
Mais les blocages persistent, en particulier sur la possibilité pour les régions de collecter une partie des impôts des personnes physiques.

Vers de nouvelles élections?

Si la Belgique n'a pas, le 30 mars, de gouvernement en ordre de marche, elle battra le record mondial détenu par l'Irak, qui avait mis 289 jours pour former un gouvernement en 2009.

Le record d'Europe est détenu par les Pays-Bas, qui avaient négocié 208 jours en 1977. Celui-là devrait être facilement battu.
Quant à de nouvelles élections, elles ne feraient que radicaliser la crise, selon les observateurs. Elles ne sont toutefois pas exclues.
(avec AFP)