Deux ambassadeurs ivoiriens à Bruxelles

L'ambassadrice de Côte d'Ivoire à Bruxelles, Marie Gosset, est toujours à son poste alors qu'une chargée d'affaires, Sara Amani, a été nommée pour la remplacer par le président ivoirien Alassane Ouattara.

Des partisans de M. Ouattara projettent de déloger Mme Gosset ce mercredi. En attendant, la confusion règne à l'ambassade, située avenue Franklin Roosevelt, précise la chaîne publique.

L'ambassadrice a été révoquée par M. Ouattara en tant que fidèle du président sortant Laurent Gbagbo, qui revendique lui aussi la victoire à l'élection présidentielle du 28 novembre mais qui n'a pas été reconnu par la majeure partie de la communauté internationale, et notamment la Belgique.

Un porte-parole du Service public fédéral (SPF) Affaires étrangères, Patrick De Boeck, a confirmé mardi soir à l'agence Belga que Sara Amani avait été désignée comme chargée d'affaires par M. Ouattara. "Comme la Belgique a reconnu la victoire de M. Ouattara, nous traiterons désormais avec cette personne", avait indiqué lundi le porte-parole, sans toutefois vouloir préciser dans l'immédiat son identité.

D'après la RTBF, qui a interrogé des partisans de M. Ouattara, ces derniers ont l'intention de déloger mercredi matin, "de manière pacifique", Mme Gosset de l'ambassade. Interrogé à ce sujet, le porte-parole des Affaires étrangères a dit ne pas être au courant. "C'est une affaire interne à la Côte d'Ivoire", a-t-il toutefois ajouté. Il disait également ignorer si Mme Gosset se trouvait encore dans les locaux de l'ambassade.

Réciprocité en Côte d'Ivoire

Le gouvernement ivoirien de Laurent Gbagbo a menacé mardi de renvoyer des ambassadeurs des pays qui, à la demande de son rival Alassane Ouattara, "entendent mettre fin à la mission" de ses propres représentants.

"Il nous revient que certains gouvernements, disant agir sur la base de correspondances émanant de M. Alassane Ouattara, entendent mettre fin à la mission de nos ambassadeurs dans leurs Etats", indique un communiqué du gouvernement Gbagbo lu à la télévision publique RTI.

"Face à de telles décisions" qui sont "contraires à la pratique diplomatique", le gouvernement "se réserve le droit d'appliquer la réciprocité en mettant fin à la mission des ambassadeurs des pays concernés", ajoute le texte lu par le porte-parole du gouvernement, Ahoua Don Mello.(avec Belga)