Enquête sur un cas d’abus par des nonnes

Le parquet de Courtrai (Flandre occidentale) a ouvert une enquête sur un cas possible d’abus sexuel sur un enfant, qui se serait produit dans les années 1960 à l’Institut Stella Maris, un orphelinat tenu par des religieuses (photo principale). Dans un témoignage anonyme recueilli par la VRT, un homme affirme avoir été abusé sexuellement dès l’âge de 5 ans par plusieurs nonnes. Dans les années 1990, un autre enfant aurait également été abusé à l’Institut.

La victime a récemment introduit une plainte à la centrale d’appel de la Justice à Bruxelles. Le parquet de Courtrai (Flandre occidentale) veut cependant déjà examiner l’affaire, sur base des déclarations faites par l’homme, sous le couvert de l’anonymat, dans les médias.

« Sur base de ce témoignage anonyme, nous avons lancé une enquête de recherche », déclarait Karlien Ververken, porte-parole du parquet de Courtrai. « Il va y avoir une enquête sur les faits mentionnés par le témoin. Ils pourront alors peut-être être reliés à des dossiers déjà existants ».

L’homme d’un certain âge a témoigné sur les ondes de la 2e chaîne radio de la VRT ainsi que pour le Journal de la VRT télévision. Il affirme avoir été abusé dès l’âge de 5 ans par plusieurs religieuses. Ces dernières le forçaient à les satisfaire ou à dormir dans leur lit.

Vers l’âge de 30 ans, l’homme aurait souffert de problèmes psychiques. Il a confronté les religieuses aux faits, mais elles n’y ont pas réagi.

Le fait que des abus sexuels commis sur des enfants par des femmes d’Eglise soient rendus publics est très rare. La Commission dirigée par le pédopsychiatre Peter Adriaenssens, qui a écouté des victimes d’abus sexuels dans le cas d’une relation pastorale, n’a ainsi reçu aucune plainte sur des abus commis par des religieuses.

C’est d’ailleurs la raison principale invoquée par la victime de l’orphelinat Stella Maris pour rendre aujourd’hui son récit public. Il souhaite témoigner que des femmes ont aussi abusé d’enfants.

Un deuxième cas d’abus signalé

Entretemps, l’association West-Vlaamse Jeugdzorg - responsable pour l’accueil de jeunes en Flandre occidentale -, qui gère actuellement l’orphelinat (photo principale), a indiqué qu’un deuxième cas d’abus sexuel a été signalé, datant des années 1990. Les faits auraient cependant été perpétrés par un homme qui venait de temps en temps à l’Institut.

Le personnel de l’Institut Stella Maris se dit choqué par les révélations et a réclamé une enquête. « Il espère que la vérité sera mise en lumière et communiquera toutes les informations disponibles au parquet, afin que les victimes puissent bénéficier de la reconnaissance à laquelle elles ont droit », affirme Jan Leysen, l’avocat de l’Institut. « Nous appelons toutes les victimes possibles à se faire connaître ».

L’Ordre de religieuses qui dirigeait l’orphelinat Stella Maris au temps des faits n’existe plus aujourd’hui. La maison d’accueil subsiste encore. Une centaine d’enfants y résident actuellement.