Le conciliateur déchargé de sa mission?

Le conciliateur royal (photo principale) s'est rendu ce jeudi vers 16h30 en audience chez Albert II pour lui faire rapport des réponses apportées par les 7 partis politiques négociateurs à sa note. Estimant qu'il n'y avait plus parmi tous les partis une volonté suffisante de poursuivre les négociations, Vande Lanotte a demandé au souverain d'être déchargé de sa mission. Albert II tient sa décision en suspens et reverra le médiateur lundi.

Apparemment, il avait déjà été prévu depuis quelques temps que Johan Vande Lanotte se rendrait ce jeudi chez le roi Albert II (photo), indépendamment de la remise de sa note globale. L'entretien entre le souverain et le médiateur a duré un peu plus d'une heure.

A l'issue de cette entrevue, le palais royal indiquait dans un communiqué que "Monsieur Vande Lanotte a demandé à être déchargé de sa mission" de conciliateur. "Le Roi tient sa réponse en suspens  et reverra le conciliateur lundi".

Après son passage au château de Laeken, Johan Vande Lanotte - conciliateur depuis le 21 octobre - se rendait au Sénat pour y faire une courte déclaration devant la presse. Il y expliquait avoir constaté qu'il n'y avait plus une volonté suffisante de tous les 7 partis impliqués dans les négociations institutionnelles de poursuivre les négociations et qu'il estimait donc sa mission achevée.

Une conférence de presse d'Elio Di Rupo a également été annoncée pour 18h30, ce jeudi. Le président du PS devrait s'y exprimer "sur la situation politique".

Cinq "oui, mais" et deux "non, sauf si"

Ce mercredi, les sept partis politiques impliqués depuis des mois dans des négociations institutionnelles en vue d’une réforme de l’Etat et de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral devaient donner à Johan Vande Lanotte leur réponse officielle à sa note globale de 62 pages.

Alors que les trois partis francophones PS, CDH et Ecolo, mais aussi les verts flamands de Groen ! et les socialistes flamands du SP.A donnaient leur feu vert à la poursuite des négociations à sept sur base de cette note - même s’ils ont tous des restrictions sur certains points du texte -, en revanche le CD&V et la N-VA refusaient de continuer à négocier, à moins que Vande Lanotte n’apporte des modifications "essentielles" (CD&V) voire "fondamentales" ( N-VA) au contenu de sa note.

Ce jeudi, le président du CD&V, Wouter Beke, précisait que son parti ne souhaitait pas se retirer des négociations et que les démocrates-chrétiens estimaient au contraire que Johan Vande Lanotte doit poursuivre sa mission. Le CD&V veut cependant une modification de la note avant de reprendre les négociations à 7 partis.

Les écologistes et socialistes flamands estimaient néanmoins mercredi soir que, dans ces conditions, la mission de conciliation de Johan Vande Lanotte a échoué. Le sénateur CD&V Rik Torfs assurait cependant ce jeudi matin que son parti ne veut pas "couper le courant".