Vande Lanotte voit “trop peu de volonté”

Le conciliateur royal a estimé ce jeudi qu’il ne règne plus au sein des 7 partis politiques assez de disposition à poursuivre les négociations. Il les appelle à faire rapidement un pas, dans l’intérêt de la prospérité du pays. Johan Vande Lanotte a demandé au roi d’être déchargé de sa mission. Le souverain tient sa réponse en suspens.

A l’issue de son audience chez le roi Albert II, ce jeudi après-midi, le conciliateur Johan Vande Lanotte a fait une brève déclaration au Sénat pour expliquer les raisons de l’échec de sa mission.

« La question que je posais dans ma lettre aux partis, lors de l’envoi de ma note, était très claire : les partis sont-ils disposés à entreprendre une négociation finale à 7 dans le cadre de la note de négociation ? Cinq partis ont finalement accepté, certes avec des nuances. Je ne peux donc pas en conclure qu’il y a aujourd’hui une volonté suffisante à se mettre autour de la table. C’est un constat objectif et un fait indéniable ».

« Au début de ma mission, chacun avait la conviction que l’élaboration d’un nouveau modèle de financement serait la plus grande pierre d’achoppement des négociations. Bien qu’il restait des points à discuter en la matière, il est paradoxal de constater que c’est précisément dans ce dossier qu’on a enregistré les plus grands progrès. Dans ce dossier, je m’en suis strictement tenu aux 12 principes convenus entre les 7 partis. Cela signifie, comme indiqué dans la note, qu’il n’y a aucun déplacement de flux financier, mais bien un déplacement de responsabilités. Voilà qui contraste nettement avec les précédentes réformes de l’Etat ».

« J’avais annoncé au début que je poursuivrais ma mission tant que je pourrais raisonnablement penser qu’il serait possible d’avancer. Tel n’est pas le cas. Il n’y a pas une volonté suffisante d’entamer les négociations. J’ai donc demandé au roi de mettre fin à ma mission de conciliation. Le roi tient sa réponse en suspens. J’aurai lundi un nouvel entretien avec Sa Majesté. Jusque là je m’abstiendrai de tout commentaire ».

“Il y a un vieux proverbe anglais qui dit: “On peut mener son cheval à l’eau, mais on ne peut le forcer à boire”. Voilà qui résume bien les limites de chaque mission de conciliation. Un jour il faudra néanmoins que les responsables politiques franchissent ce pas, dans l’intérêt de la prospérité de notre pays. C’est la mission démocratique la plus difficile, mais aussi la plus essentielle que les responsables politiques ont à remplir ».