Vers une ouverture aux libéraux?

Alors que notre pays va battre demain le record d’Europe de la plus longue crise politique, jusqu’à lors détenu par le royaume des Pays-Bas qui avait mis 208 jours pour former un gouvernement, une ouverture des négociations aux libéraux ressurgit timidement. Les réactions demeurent toutefois prudentes et mitigées.

Le président du MR, Didier Reynders (photo), a dit jeudi soir avoir pris acte de l'ouverture du PS, tout en ajoutant qu'il n'y a eu jusqu'à présent aucun contact.

"Nous attendons une éventuelle initiative du Palais ou de quelqu'un qui serait désigné par le Roi. Nous avons toujours dit que nous étions disponibles mais selon une autre méthode et pour parler aussi des problèmes socio-économiques", a-t-il ajouté.

Didier Reynders a rappelé que son parti était tout à fait exclu des discussions depuis 7 mois. "Nous avons été tout à fait tenu à l'écart et même aujourd'hui nous n'avons pas reçu la note du conciliateur".

"Je partage le ras-le-bol de beaucoup de citoyens. Je reste convaincu qu'il faut changer la méthode. Je l'ai dit dès le début. Voyons d'abord ce qu'on veut encore faire ensemble et comment nous allons le financer. C'est la seule façon de créer la confiance. On pourra alors parler des autres sujets", a-t-il dit.

L’Open VLD s’interroge

Le président de l'Open Vld Alexander De Croo (photo) n'est a priori pas opposé à la main tendue jeudi soir par le président du PS Elio Di Rupo envers les libéraux, "mais cela ne signifie pas que nous irons nous asseoir à la table" des négociations, a-t-il prudemment indiqué vendredi dans plusieurs quotidiens flamands.

"Nous ne servirons pas de roue de rechange", a-t-il souligné, estimant que M. Di Rupo "souffle le chaud et le froid". "D'un côté, il dit que Johan Vande Lanotte doit poursuivre en tant que conciliateur. Il veut probablement dire que l'on poursuit avec les sept partis... D'un autre côté, il se dit ouvert à une nouvelle formule. Ce que cela signifie n'est pas clair à mes yeux... Veut-il dire une nouvelle formule pour constituer un gouvernement d'urgence, ou pour retourner aux négociations", s'interroge M. De Croo.

Selon lui, une chose toutefois est claire: "nous battons désormais le record européen (d'un pays sans gouvernement de plein exercice, ndlr) et nous ne sommes pas plus avancés qu'au lendemain des élections", résume-t-il.