Un manque d’enquêteurs anti-terroristes ?

Nos services de sécurité souffrent d’un déficit important d’enquêteurs, de traducteurs et d’interprètes pour mener à bien les dossiers de terrorisme. C’est en tous cas ce qu’affirme le procureur fédéral Johan Delmulle selon qui de nombreux dossiers doivent par conséquent être abandonnés.

Le procureur fédéral, Johan Delmulle (photo), a réitéré, dans une interview accordé au Tijd, ses craintes liées au manque d'enquêteurs, de traducteurs et d'interprètes pour mener à bien les dossiers de terrorisme.

"Nous ne pouvons plus enquêter sur toutes les menaces terroristes. Nous devons laisser tomber certains dossiers", a-t-il confié.

M. Delmulle affirme ne pas comprendre l'inaction du gouvernement en la matière.

Il réclame une union nationale contre le terrorisme, planifiée de manière centrale avec environ 200 enquêteurs. Actuellement le procureur travaille avec une équipe de 103 personnes.

"La formation doit être améliorée"

La formation des corps de police au terrorisme doit être améliorée, a déclaré samedi le ministre de la Justice Stefaan De Clerck (photo), en réaction au message d'alerte lancé par le Johan Delmulle.

Selon le ministre De Clerck, le problème peut être résolu d'une autre manière. "Je ne suis pas partisan d'un accroissement du personnel existant. Il serait beaucoup plus sage de former des gens au terrorisme en dehors des corps de Bruxelles. Ceux-ci pourraient alors, si nécessaire, collaborer avec le parquet fédéral", explique-t-il.

Le ministre n'est pas partisan d'une unité d'enquête nationale contre le terrorisme telle qu'elle a été proposée par le procureur fédéral. "C'est un retour en arrière. Nous avons une police unifiée et cela doit le rester."