Première réunion du triumvirat

Les déclarations de Bart De Wever et celles de Siegfried Bracke ont quelque peu refroidi les négociateurs francophones. Le premier estimant que les choses ne pouvaient plus durer sinon il vallait mieux arrêter et le second qu'il fallait une scission en profondeur des compétences sur le plan socio-économique.

Johan Vande Lanotte (sp.a) et les présidents de la N-VA et du PS, Bart De Wever et Elio Di Rupo, devaient se rencontrer  pour la première fois ce mercredi à 17 heures dans le cadre de la poursuite de la mission du conciliateur.

Le triumvirat devrait se mettre d'accord sur la façon dont il travaillera, a indiqué le porte-parole de Johan Vande Lanotte.

Le roi a en effet demandé mardi à Johan Vande Lanotte de poursuivre sa mission et de prendre toute initiative utile pour sortir de l'impasse actuelle et ce, en collaboration avec les présidents de la N-VA et du PS.

"Cela ne peut plus durer longtemps"

En ce qui concerne la formation d’un triumvirat, le président de la N-VA a déclaré sur les ondes de Studio Brussel que cette nouvelle phase ne pouvait pas durer longtemps.

"S'il n'y a pas rapidement des avancées, cela n'a pour lui pas de sens de continuer. Soit, on enregistre des avancées. Soit, il faut honnêtement constater que cela ne va pas et cela n'ira jamais. Je ne suis pas demandeur de participer encore pendant six mois à des négociations. Je ne sais pas quand nous aboutirons mais cette nouvelle phase ne peut se prolonger pendant des mois. De cela, je suis convaincu", a dit Bart De Wever dans l'émission matinale de Studio Brussel.

La première réunion du triumvirat aura lieu ce mercredi à 17 heures dans les salons de la présidence du Sénat.

La N-VA disposée à accepter un rétrécissement de la réforme de l’Etat

Un des chefs de file de la N-VA, le député Siegfried Bracke (photo), a jugé mardi soir envisageable de réduire le champ des négociations sur la réforme de l'Etat, mais à condition que l'un des thèmes - de préférence la politique socio-économique - soit approfondi.

Dans ces conditions, les négociateurs en vue de la formation d'un nouveau gouvernement fédéral peuvent se passer des notes rédigées par les présidents de la N-VA, Bart De Wever, et du PS, Elio Di Rupo, a-t-il souligné lors de l'émission Terzake de la VRT-télévision.

Siegfried Bracke a ainsi suggéré que l'on ne négocie plus sur les allocations familiales.

Le député nationaliste a souligné qu'il revenait au conciliateur royal, Johan Vande Lanotte, et à MM. De Wever et Di Rupo de définir entre eux une méthode de travail.

C'est toutefois à Johan Vande Lanotte qu'il appartient de faire de nouvelles propositions, a ajouté Siegfried Bracke, précisant que certaines suggestions de son parti avaient déjà été soumises à MM. Vande Lanotte et Di Rupo "sans être rejetées".

Le CD&V accepte un changement de méthode

Le président du CD&V Wouter Beke soutient l'idée de réduire la portée de certains éléments de la réforme de l'Etat envisagée à la condition d'en approfondir certains points.

"Nous préférons qu'il y ait un chapitre de moins à la condition que le reste soit approfondi", a-t-il dit mercredi matin à la VRT. Et d'insister que cela ne concerne que les transferts de compétences. "La scission de BHV est d'un autre ordre", a-t-il ajouté.

Au CD&V, on évoquait dans la journée qu'on pourrait ne pas transférer, comme prévu jusqu'à présent, les allocations familiales. La vice-première ministre PS Laurette Onkelinx a pour sa part dit mardi qu'on pouvait aller plus loin dans des transferts en matière socio-économique tout en ajoutant que cela devait aller de pair avec la préservation de la sécurité sociale.

Interrogée sur une possible régionalisation totale du marché de l'emploi, la présidente du cdH et actuelle ministre de l'Emploi Joëlle Milquet a déclaré, mercredi matin, qu'il n'était "pas possible de toucher aux allocations de chômage".

Toucher à la Sécurité sociale reviendrait à toucher au "modèle qui a permis le développement économique et social du pays", avance de son côté la vice-première ministre socialiste, Laurette Onkelinx  rappelant que la Sécu a servi de "bouclier" pendant la crise de 2008-2010. Elle doit rester un "système de solidarité", estime-t-elle.