Un déficit moins élevé que prévu

Le Premier ministre Yves Leterme et les vice-premiers ministres ont organisé mercredi une conférence de presse au cours de laquelle ils ont insisté, chiffres à l'appui, sur la bonne tenue des fondamentaux économiques de la Belgique, notamment en comparaison avec la situation au sein de l'Union européenne et de la zone euro en particulier.

La Belgique a terminé 2010 avec un déficit public chiffré à 4,6% du PIB, soit mieux que les 4,8% fixés dans son programme de stabilité et avec une dette atteignant 97,2% du PIB, également moins élevée que les prévisions.

Le déficit pour l'ensemble des pouvoirs publics est de 4,6% du PIB, soit une amélioration du solde de financement de 0,2 par rapport au dernier contrôle budgétaire et au programme de stabilité européen.

Le gouvernement Leterme table sur une amélioration du même ordre en 2011. Il annonce des mesures de compression de dépenses pour la mi-février. Faute d'accord politique entre les partis sortis vainqueurs des urnes il y a six mois, il approuvera un projet de budget.

Dans la foulée de l'appel lancé fin décembre au Bureau du plan afin qu'il accélère l'élaboration des prévisions macro-économiques mais aussi, conformément à la demande exprimée lundi par le roi, le Conseil des ministres restreint s'est accordé mercredi sur une méthode permettant de préparer des mesures budgétaires en 2011.

"L'objectif est de passer en-dessous de la barre des 4% du PIB

Les principaux ministres du gouvernement ont donné le feu vert à la préparation d'un nouveau projet de loi de finances permettant, le cas échéant, de débloquer des crédits pour les mois d'avril, mai et juin.

Une première loi de finances votée à la Chambre permet déjà l'ouverture de crédit en janvier, février et mars. Ces mesures rendent possible le fonctionnement de l'Etat en l'absence de gouvernement de plein exercice.

L'équipe Leterme a par ailleurs donnée instruction mercredi à l'administration de préparer un budget 2011. Elle a également décidé de "préparer des initiatives" visant à améliorer le solde budgétaire en 2011. Celles-ci pourraient être approuvées en concertation avec le parlement, même en l'absence de budget.

Le gouvernement devrait disposer des conclusions du Bureau du plan entre le 25 et le 30 janvier. Les départements des Finances et de la Sécurité sociale seront ensuite chargés d'une réestimation de la situation et un rapport sera ensuite demandé au Comité de monitoring, chargé de suivre l'évolution en période d'affaires courantes.

Compte tenu de l'évolution politique, le gouvernement Leterme décidera à la mi-février s'il approuvera un véritable budget ou si des mesures particulières seront prises avec l'aval du parlement. "Si la situation perdure, nous allons prendre nos responsabilités; le gouvernement est en capacité de déposer si nécessaire un budget", a indiqué Yves Leterme relativisant la notion d'affaires courantes qui n'est pas encadrée par la loi mais ressortit à la tradition.

L'ambition est de voir le déficit passer en-dessous de la barre des 4% du PIB en 2011, a ajouté le premier ministre.(Belga)

Lettre ouverte des top managers au gouvernement

Albert Frère, Etienne Davignon (photo), Paul Buysse ainsi qu'une vingtaine d'autres top managers belges appellent, dans une lettre ouverte adressée au premier ministre démissionnaire Yves Leterme, "à la formation d'un budget 2011 valable", rapportent mercredi les sites internet des journaux De Tijd et L'Echo.

La lettre a été envoyée mardi à M. Leterme et aux vice-Premiers du gouvernement en affaires courantes.

Les capitaines d'industrie pointent tout d'abord les performances budgétaires de notre pays en 2010. Ils estiment que les prestations de la Belgique, en tant que membre de la zone euro, sont bonnes. Ils avertissent du danger de l'impasse politique. "Malheureusement, les événements politiques et l'incertitude qui en découle sont fort dommageables pour le budget 2011. En raison de cette incertitude, les bons résultats de l'année 2010 peuvent se voir gâchés, avec des conséquences négatives pour l'économie de notre pays."

Ils demandent donc de s'atteler au plus vite à ce que le parlement approuve un budget crédible, "seul moyen pour restaurer la confiance nécessaire des investisseurs et pour arrêter la spirale négative".