Lumumba et Kabila, la RDC se souvient

Les Congolais commémorent ce dimanche et lundi deux dates importantes de leur histoire: le dixième anniversaire de l’assassinat du président Laurent-Désiré Kabila, le père de l’actuel chef de l’Etat Joseph Kabila et le 50ème anniversaire de l’assassinat du Premier ministre du Congo indépendant Patrice Lumumba.

Ils étaient tous les deux des "révoltés" mais Patrice Lumumba est arrivé au pouvoir après avoir remporté les élections.

Le 30 juin 1960, il prête serment comme premier Premier ministre du Congo indépendant.

Lors de la cérémonie d’accession d’indépendance, Lumumba avait prononcé un discours virulent dénonçant les abus de la politique coloniale belge.

Suite à un coup d’Etat, le colonel Joseph Désiré Mobutu prend le pouvoir. Lumumba est arrêté, il sera transféré au Katanga et livré aux autorités locales. Là, il sera torturé et finalement assassiné le 17 janvier 1961.

Dernièrement, des membres de la famille de Patrice Lumumba ont annoncé leur intention de déposer plainte à Bruxelles contre douze Belges qu'ils soupçonnent de complicité dans l'assassinat du Premier ministre congolais.

Il y a quelques jours, François Lumumba, fils aîné de Patrice, a lancé un appel à Bruxelles pour que les assassins de son père soient jugés.

Des zones d'ombres

Le 16 janvier 2001, Laurent- Désiré Kabila est abattu de trois balles dans son bureau présidentiel. L'assassin, un certain Rachidi, est l'un de ses gardes rapprochés. Au pouvoir depuis quatre ans, celui qui avait renversé Mobutu s'était fait beaucoup d'ennemis et se savait menacé.

Sa mort ne sera reconnue officiellement par Kinshasa que le surlendemain du crime, afin de donner au régime le temps de se ressaisir.

Joseph Kabila (photo), jusque-là chef de l'armée de terre, est rappelé de Lubumbashi pour succéder à son père. De toute évidence, le geste de Rachidi, un ex-enfant soldat n'est pas un acte isolé. L'assassinat est le fruit d'un complot encore recouvert, dix ans après les faits, de nombreuses zones d'ombre.

Aujourd'hui, 50 suspects croupissent toujours en prison pour cet assassinat.

Une révision de la constitution adoptée en un temps record

Samedi, le parlement congolais a adopté en un temps record - moins de deux semaines après la révélation du projet - une révision de la Constitution portant sur huit articles, dont l'organisation d'une élection présidentielle à un seul tour, une disposition de nature à favoriser la réélection du chef de l'Etat sortant, Joseph Kabila, en novembre prochain, et contestée par l'opposition.

La Belgique souhaite que les élections se passent bien

La Belgique suit de près l'évolution des débats en République démocratique du Congo (RDC), où le parlement a approuvé samedi une révision de la Constitution portant sur huit articles, dont l'organisation d'une élection présidentielle à un seul tour, une disposition de nature à favoriser la réélection du chef de l'Etat sortant, Joseph Kabila, en novembre prochain, a indiqué dimanche le ministère des Affaires étrangères.

"Il appartient aux autorités politiques congolaises de décider du mode de scrutin", a indiqué un porte-parole du Service public fédéral (SPF) Affaires étrangères à l'agence BELGA.

La Belgique souhaite que ces élections se passent bien car elles représentent une occasion d'ancrer la démocratie en RDC, après les scrutins de 2006-2007 - à l'époque les premières élections libres en 41 ans en RDC -, a-t-il ajouté.

A Bruxelles, on se demande toutefois si le système d'une élection présidentielle à un tour "donne la même légitimité" au candidat élu qu'un scrutin à deux tours, comme ce fut le cas en 2006.

La Belgique insiste également sur le respect du calendrier - le premier tour a été fixé au 27 novembre prochain, moins de deux semaines avant la fin constitutionnelle du mandat du quinquennat du président Kabila, qui expire le 6 décembre - et du cadre général dans lequel ces élections doivent se dérouler, a précisé le porte-parole.

La Belgique souhaite aussi que soit donné à l'opposition politique "tout l'espace" nécessaire pour pouvoir mener campagne, a-t-il conclu.