Incident avec un juge à la prison de St-Gilles

Les gardiens ont suspendu le travail pendant quelques heures, ce dimanche soir, après que le juge d’instruction Wim De Troy (photo principale) ait fait arrêter trois membres du personnel qui refusaient qu’il entre en voiture dans la cour de la prison. Le ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, a demandé l’ouverture d’une enquête.

Le juge d’instruction Wim De Troy voulait rendre visite, ce dimanche soir à la prison de Saint-Gilles (Bruxelles), à un détenu arrêté dans le cadre d’une affaire de stupéfiants. Lorsqu’il a demandé à pouvoir entrer dans la cour de l’établissement pénitentiaire avec sa voiture, le personnel s’y est opposé.

Pour des raisons de sécurité, seuls les fourgons cellulaires et les véhicules de police peuvent en effet pénétrer au sein de la prison. Le responsable de l’accès à la prison de St-Gilles (photo) refusa également de laisser entrer Wim De Troy. Lorsque le directeur de l’établissement et un adjudant vinrent rejoindre le portier, le juge d’instruction fit appel à la police de Zaventem pour faire interpeler ces trois membres du personnel.

Selon Laurent Sempot, porte-parole de la Direction générale Etablissements pénitentiaires des prisons, les règles de sécurité concernant l’entrée dans une prison sont bien connues. « Je pense que tous les juges d’instruction sont bien au courant de ces règles et des restrictions, et notamment du fait qu’il est interdit de rentrer dans la cour de la prison avec une voiture ».

Suite à l’interpellation des trois membres du personnel, les gardiens de St-Gilles ont interrompu le travail pendant quelques heures. Ils entendaient ainsi protester contre la façon de procéder du juge d’instruction De Troy. La grève a duré jusqu’à ce que le directeur, l’adjudant et le responsable de l’accès aient à nouveau été libérés.

Les syndicats de la prison bruxelloise se disent indignés face à l’incident. Ils affirment que ce dernier ne restera pas sans suite. Selon la CSC, le juge d’instruction a fait preuve « d’une forme flagrante d’abus de pouvoir, en dehors de toute proportion ».

Le ministre de la Justice a demandé une enquête

Ce lundi, Stefaan De Clerck (CD&V, photo) estimait que le personnel de la prison de St-Gilles avait agi correctement et que le juge d’instruction avait eu une réaction exagérée. « J’estime la réaction du juge d’instruction très étrange. C’est hors proportion ».

Le ministre de la Justice a indiqué qu’il prendrait des mesures à l’encontre de Wim De Troy s’il se confirmait, après enquête, que le juge a fait enfermer les trois membres du personnel pour lui avoir refusé l’opportunité de garer son véhicule dans la cour intérieure de l’établissement pénitentiaire.

Stefaan De Clerck a l’intention de demander aux autorités hiérarchiques du juge d’instruction d’adopter à l’égard de Wim De Troy une réaction appropriée si les faits qui lui sont reprochés sont corroborés. « Je ne vais pas laisser cette affaire en l’état. Nous faisons beaucoup d’efforts en ce qui concerne les prisons. Le nombre historiquement bas d’évasions en 2010 le prouve. Je ne peux admettre qu’un juge d’instruction foule aux pieds les règles en vigueur », concluait le ministre de la Justice.