"Ceux qui veulent se débarrasser de nous doivent le dire"

Au cours de son discours très attendu à l’occasion de la réception de Nouvel An de la N-VA, ce samedi soir, son président Bart De Wever a réitéré les revendications de son parti en matière institutionnelle et socio-économique. Il a également demandé aux six autres partis négociateurs qu’ils disent clairement ce qu’ils veulent, et qu’ils indiquent notamment s’ils veulent poursuivre les négociations sans la N-VA. « Que ceux qui veulent se débarrasser de nous, le disent clairement », à-t-il lancé.

Dans son discours - très attendu - Bart De Wever a une nouvelle fois rappelé ce que la N-VA réclamait : une grande réforme de l’Etat qui mène à une autonomie maximale pour les Régions, des réformes socio-économiques, une politique d’asile et d’immigration plus stricte et une justice ferme. « C’est ce que la N-VA souhaite. C’est ce dont il est question déjà depuis des mois maintenant », précisait le président du parti nationaliste flamand.

De Wever s’est montré compréhensif à l’égard des citoyens qui descendront ce dimanche après-midi dans les rues de Bruxelles pour protester contre l’actuelle impasse politique. Il a cependant dit craindre que certains « abusent de cette manifestation pour demander un statu quo de la situation et en faire une action en faveur de la Belgique et contre la N-VA.

« Ceux qui affirment aimer la Belgique préfèrent apparemment que ce pays souffre de lourds dégâts financiers, plutôt que de voir l’avènement d’un véritable changement. Si nous continuons comme nous l’avons fait ces dernières années, nous allons vers un gouffre », estime Bart De Wever.

Pas de pots cassés

Le discours de Nouvel An de Bart De Wever était considéré comme l’un des moments politiques forts de ce week-end, qui doit également déterminer l’avenir de la mission de conciliation de Johan Vande Lanotte (SP.A) et du triumvirat. Le deuxième grand événement étant la manifestation de ce dimanche contre l’immobilisme politique.

Etant donné que Bart De Wever s’est montré plutôt prudent dans son discours de samedi soir, les observateurs estimaient que le président de la N-VA semble vouloir donner aux négociations institutionnelles une chance de réussir.

Ces observateurs se sont aussi étonnés des mots d’appréciation prononcés par De Wever en faveur du travail livré par le parti démocrate-chrétien flamand CD&V dans l’actuel gouvernement en affaires courantes. La N-VA indiquait ainsi une nouvelle fois qu’elle est prête à soutenir, depuis l’opposition, le gouvernement démissionnaire d’Yves Leterme, jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement fédéral ait pu être formé.

"Personne ne forme un gouvernement sans toi, Bart"

Au cours de la réception de Nouvel An du parti socialiste flamand SP.A, sa présidente Caroline Gennez (photo) a immédiatement répondu à Bart De Wever, qui avait demandé une attitude claire des autres partis négociateurs.

« Personne ne veut et ne va former un nouveau gouvernement sans toi, Bart. Mais si la N-VA ne veut pas faire partie du gouvernement, pour des raisons internes ou historiques, ou ne le peut pas, il faudra qu’elle le dise elle-même ».

Dans l’émission « De Ochtend » de la première chaîne radio de la VRT, ce dimanche, Caroline Gennez avait une nouvelle fois plaidé en faveur de la formation rapide d’un nouveau gouvernement fédéral. « Tout le monde comprend que 7 mois sans gouvernement est une mauvaise chose pour tous les citoyens de ce pays. Ce pourrait à nouveau être une semaine maniaco-dépressive, mais normalement ce devrait être la semaine de la vérité ».

Gennez a également loué l’initiative des manifestants qui devaient marcher ce dimanche dans Bruxelles. « Il est toujours mieux d’être impliqué que d’être indifférent. Je comprends ces citoyens et je leur donne raison. C’est un encouragement pour tous ceux qui sont à la table des négociations pour qu’ils fassent preuve de ressources ».