Devenir Belge facilite l’accès à l’emploi

Les immigrés qui acquièrent la nationalité belge trouvent plus facilement du travail dans notre pays que ceux qui ne le font pas. C’est ce qu’indique une étude du Centre pour la politique sociale de l’Université d’Anvers, rapportée ce lundi dans les quotidiens flamands De Standaard et Het Nieuwsblad.

Au sein de l’Union européenne, la Belgique est le pays le plus libéral en ce qui concerne l’octroi de la nationalité. Il suffit en effet de séjourner depuis trois ans au moins en Belgique pour pouvoir demander une naturalisation, via le Parlement, tandis que le fait de vivre depuis 7 ans dans notre pays donne à toute personne immigrée le « droit » à la nationalité belge.

En ce qui concerne le taux d’emploi parmi les immigrés, la Belgique est par contre à la traîne au niveau européen. Ainsi, alors que le taux d’emploi pour l’ensemble de la population est actuellement de 65%, celui des immigrés qui ne viennent pas d’un pays occidental n’est que de 43%.

Le Centre pour la politique sociale (Centrum voor Sociaal Beleid) de l’Université d’Anvers a mené enquête pour voir si l’octroi de la nationalité belge a un impact positif sur le taux d’emploi. Il en ressort que le taux d’activité des immigrés qui ne proviennent pas de pays de l’ouest mais qui sont devenus Belges atteint 55%, contre les 43% d’activité pour ceux qui ne sont pas naturalisés.

Chez les immigrés d’origine nord-africaine, le fait de devenir Belge fait passer le taux d’emploi de 35 à 46%. Chez les immigrés d’origine sud-américaine ce taux passe de 54 à 66% et chez les immigrés venant d’Asie il passe de 48 à 63% du fait d’une acquisition de la nationalité belge. D’autre part, les immigrés qui résident en Flandre présentent un taux d’emploi supérieur de 7 à 8% par rapport à ceux qui habitent en Région bruxelloise ou en Wallonie.

« Obtenir la nationalité exerce donc un impact important puisque cela augmente nettement les chances d’accéder à un emploi », conclut le chercheur Ive Marx de l’Université d’Anvers. « Cela n’empêche pas que les chances d’accès à l’emploi restent bien supérieures pour les personnes d’origine autochtone que pour les immigrés ».

Pour expliquer ce phénomène, Ive Marx ne peut cependant que formuler des hypothèses. Les personnes qui demandent la nationalité belge pourraient être particulièrement motivées pour trouver un emploi et s’intégrer, et feraient donc des efforts plus grands, par exemple pour apprendre l’une des langues du pays.

En devenant Belge, un immigré obtient également l’accès à toutes les fonctions publiques. Il est d’autre part possible que les employeurs considèrent l’obtention de la nationalité belge comme une preuve de volonté d’intégration et soient donc plus rapidement prêts à engager ces « nouveaux Belges » que des personnes de nationalité étrangère.