Journalistes belges arrêtés au Caire

Serge Dumont, le journaliste belge arrêté mercredi midi dans la capitale égyptienne, serait en compagnie de trois journalistes de France 24 interpellés dans la nuit de mercredi à jeudi, a indiqué Jurek Kuczkiewicz, chef de l'information du quotidien Le Soir dans un communiqué.

Serge Dumont, de son vrai nom Maurice Sarfatti, qui est également correspondant pour Le Temps (Genève) et la Voix du Nord (France) a été arrêté par les forces de l'ordre égyptiennes après avoir été agressé dans le quartier de Choubra où il couvrait une manifestation pro-Moubarak.

Les quatre avaient été relâchés en milieu de journée de jeudi dans un quartier du Caire, avant d'être ré-arrêtés et transmis à une autre unité que celle qui les avait une première fois retenus", détaille Le Soir.

Le journaliste belge n'est donc toujours pas libre, "à notre connaissance", précise le quotidien, contrairement à ce qu'a annoncé France 24 temporairement sur son site internet jeudi après-midi.

Néanmoins, "de brefs contacts téléphoniques ont pu être établis avec certains des journalistes, et les services diplomatiques compétents déploient tous les efforts afin de les localiser, les faire libérer et les récupérer", ajoute Jurek Kuczkiewicz.

Dans son éditorial, la rédactrice en chef du journal Le Soir, Béatrice Delvaux écrit jeudi que "l'attaque et la détention de Serge Dumont sont d'une lâcheté sans nom. Et prouvent à quel point la liberté de presse reste un combat perpétuel. La voix d'un journaliste doit être protégée, parce qu'elle en garantit des milliers d'autres".

Steven Vanackere demande la libération immédiate du journaliste

Le ministre des Affaires Etrangères, Steven Vanackere, demande la libération immédiate du journaliste belge Serge Dumont, maltraité et arrêté mercredi au Caire, indique le ministre dans un communiqué.

L'ambassade de Belgique a eu un contact téléphonique avec Serge Dumont. Il a été arrêté par les forces de l'ordre égyptiennes après avoir été agressé alors qu'il suivait les manifestations en cours.

L'ambassade a demandé aux autorités égyptiennes d'assurer la sécurité du reporter belge et de faire tout ce qui est nécessaire pour pouvoir le localiser, indiquent les Affaires Etrangères.
Steven Vanackere "désapprouve l'usage de la violence aujourd'hui dans les rues du Caire.

Comme l'Union européenne l'a déclaré plus tôt cette semaine, il importe d'écouter attentivement les griefs de la population égyptienne et de prendre concrètement en compte ses attentes démocratiques".

Le ministre Vanackere plaide pour un dialogue "ouvert et pacifique" avec tous les partis politiques et avec la société civile, qui mènera à une "transition rapide vers des institutions démocratiques respectant pleinement les droits fondamentaux".

"Des élections libres et honnêtes,cette année encore, sont indispensables", recommande Steven Vanackere.

Un journaliste de VTM et son caméraman interpellés

Un journaliste de VTM, Tim Verheyden, et son cameraman, Michaël De Moor, ont été interpellés jeudi dans la matinée alors qu'ils effectuaient un reportage dans un quartier de la capitale égyptienne, a indiqué Vtm jeudi dans un communiqué.

"Chasse aux journalistes"

Les deux Belges ont entre-temps été libérés et la chaîne a décidé de faire rentrer l'équipe en Belgique.

Ils ont été interpellés au niveau d'un checkpoint. "Six autres journalistes ont également été arrêtés avec eux. Ils ont été emmenés dans un autre endroit en camionnette et ont finalement été relâchés", explique le directeur de l'information de VTM, Eric Goens.

"La situation est en train de s'aggraver et il y a une véritable chasse aux journalistes", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, Harald Doornbos, correspondent de l'agence néerlandais Geassocieerde Pers Diensten (GPD), a été menacé de mort jeudi matin au Caire par des partisans du président Moubarak et un cameraman de la chaîne néerlandaise NOS, Eric Feijten, a été retenu à l'aéroport du Caire dans la nuit de mercredi à jeudi. Il a été libéré jeudi midi, a indiqué le rédacteur en chef, Hans Laroes, jeudi sur Twitter.

Enfin, trois journalistes de la télévision publique polonaise TVP ont été interpellés par la police jeudi au Caire, a annoncé à l'AFP un responsable de la chaîne, Piotr Krysiak.

Auparavant, deux autres cameramen de la TVP ont été interpellés par des policiers à proximité de la place Tahrir, avant d'être relâchés, a indiqué l'un d'eux, Krzysztof Kolosionek.

"La police nous a interpellés. Ils ont regardé tous nos documents et notre matériel. Ils ont endommagé notre caméra. Nous avons ensuite été amenés au poste et interrogés par des militaires. Ils ont coupé nos téléphones", a-t-il raconté.

Pas d'ordre de rapatriement des Belges

Le ministère belge des affaires étrangères n'a donné aucun ordre de rapatriement des Belges qui se trouvent actuellement en Egypte. Sur les 4.000 Belges qui s'y trouvaient au début des manifestations, il en reste encore environ 600 sur place. Sur les 800 Belges résidants enregistrés auprès de l'ambassade, il en reste toujours environ 500 sur place, a indiqué jeudi à la Chambre Steven Vanackere.
Le ministre a été interrogé sur la situation en Egypte mais aussi sur la situation des touristes belges ou des résidants.
Il a confirmé que le ministère des affaires étrangères déconseille les voyages en Egypte mais n'a pas donné d'instruction pour un rapatriement. La situation dans les zones touristiques n'est pas de nature à prendre une telle décision, a-t-il dit.
Il reste actuellement encore quelque 600 touristes belges en Egypte. Ils reviennent généralement à la fin de leur vacances. Il reste aussi encore environ 500 résidants sur place, a précisé le ministre.