Egypte: le journaliste du Soir libéré

Le journaliste belge du quotidien Le Soir, Serge Dumont, interpellé mercredi au Caire, a été libéré jeudi, ainsi que trois journalistes de France 24. Serge Dumont a quitté ce matin la capitale égyptienne à bord d'un avion pour Rome.

Serge Dumont avait été "molesté", "tabassé", puis emmené vraisemblablement par des militaires en civil mercredi alors qu'il couvrait une manifestation pro-Moubarak au Caire, selon son quotidien.

Le journaliste aurait été emmené dans des locaux de la sûreté de l'Etat avec d'autres journalistes. Serge Dumont y a subi plusieurs interrogatoire avant d'être relâché une première fois en milieu de journée jeudi dans un quartier du Caire.

Le journaliste qui se trouvait au milieu de la foule a ensuite été arrêté une nouvelle fois par une milice civile. Serge Dumont a alors à nouveau été interrogé avant de finalement être relâché dans un endroit à l'écart de la foule.

Serge Dumont a encore connu une dernière nuit difficile avant de pouvoir quitter le territoire égyptien. Le correspondant belge a encore dû faire face à plusieurs barrages, a indiqué la rédactrice en chef du Soir, Béatrice Delvaux.

"Serge n'est pas allé récupérer ses affaires à son hôtel, par sécurité et étant donné le monde présent dans les rues", explique-t-elle. "Il y a eu une magnifique coopération entre l'ambassade de Belgique au Caire et les Affaires étrangères. Ils ont envoyé des voitures blindés et des gardes du corps vendredi matin pour permettre à Serge de rejoindre l'aéroport en sécurité. Ils ont vraiment effectué un travail formidable et étaient constamment à l'écoute", remercie la rédactrice en chef.

Le journaliste a néanmoins encore connu quelques inquiétudes à la douane. Les gardes du corps l'ont alors accompagné jusque sur le tarmac. "Il a pris le premier avion qu'il pouvait prendre", s'exclame Béatrice Delvaux. Il a quitté le Caire vendredi à 10h et arrivera à Rome en début d'après-midi.

"Un avion pour Tel-Aviv a été booké pour lui vendredi soir afin qu'il puisse rejoindre sa famille basée là-bas", détaille Béatrice Delvaux précisant que Serge Dumont est initialement correspondant permanent pour Le Soir dans la ville israélienne.
 

"Enfermé dans un cachot de 2 mètres sur 1"

Dans les pages du quotidien Le Soir de ce matin, le correspondant belge relate son histoire. 

"Mercredi matin, dans le quartier populaire de Choubra, nous sommes tombés sur une manifestations pro-Moubarak. Les manifestants ont commencé à s'exciter contre nous. Ils ont commencé à me donner des coups, à me fouiller, à visionner les photos de mon appareil. Un policier est venu vers moi, me disant: 'Sauve-toi, ils veulent tuer quelqu'un! '.

La manifestation est passée, et juste au moment où j'allais entrer dans un taxi, ils se sont retournés, et ont commencé à crier 'L'espion, l'espion! ' Un autre policier est arrivé, accompagné de deux hommes en civil. J'ai su par la suite qu'ils étaient en fait des militaires".

Serge Dumont a ensuite été transféré aux Moukhabarat (la Sûreté) où il a été interrogé, les yeux bandés et les mains liées dans le dos. "Ensuite, on m'a descendu dans un cachot de 2 mètres sur 1. J'ai attendu longtemps, mais comme ils m'avaient tout pris, y compris ma montre, j'ai perdu la notion du temps".

"Lorsque les militaires l'ont libéré avec les trois journalistes français de France 24, "ils nous ont lâché à un endroit où il y avait des milices populaires. Dès qu'il nous ont abandonné là, les milices se sont précipitées sur nous, appelant des militaires, postés à chaque coin de rue! Et cela a recommencé: 'Qui êtes-vous? D'ou venez vous? On va vérifier tout ça! ".

A la suite de ce deuxième interrogatoire, ils ont été libérés en ville jeudi en début de soirée.