Sommet UE: Leterme et Merkel en désaccord

Les chefs d’Etat et de gouvernements se réunissent ce vendredi à Bruxelles dans le cadre du premier sommet européen de l’année. Si à l’origine l’énergie était à l’agenda, le programme du jour se concentrera principalement sur la crise de l’euro et sur la situation en Tunisie et en Egypte.

L’actualité économique et politique a imposé ses thèmes lors de ce nouveau sommet européen. Certains sujets risquent d’ores et déjà de diviser l’Europe.

Face à la crise de l’Euro, la chancelière allemande Angela Merkel a en effet pour objectif de faire approuver un "pacte de compétitivité" visant notamment à garantir la modération salariale à travers le continent.

L’Allemagne sera le principal contributeur de ce mécanisme. Elle bénéficie en outre du soutien français du président Nicolas Sarkozy (photo) et rejoint en de nombreux points les propositions de la commission européenne.

Selon eux, il est vital en effet que l’Europe redevienne plus compétitive pour garantir son modèle social et sauvegarder la stabilité de l’Euro.

"Les Etats membres doivent avoir l'espace de mener leurs propres politiques"

Seulement voilà, ce "pacte de compétitivité" viendrait également remettre en cause le mécanisme d’indexation automatique pratiqué en Belgique. Ce matin, le Premier ministre sortant Yves Leterme, a ainsi indiqué qu’il n’était "absolument pas d’accord" avec la proposition allemande.

"Il doit y avoir plus de coopération économique (en Europe), mais les Etats membres doivent avoir l'espace de mener leurs propres politiques", a-t-il déclaré à son arrivée au sommet européen.

"Je ne suis pas contre la convergence économique, mais nous devons laisser les moyens d'y parvenir dans les mains des Etats membres", a-t-il dit. "Chaque Etat membre a ses propres accents, ses propres traditions. Nous n'accepterons pas que notre modèle de concertation sociale soit détricoté", a encore lancé Yves Leterme, non sans souligner que les propositions allemandes sont liées aux échéances électorales qui attendent Mme Merkel.

M. Leterme n'est pas le seul en Belgique à avoir fait connaître son opposition. Dans un communiqué, le PS a dénoncé "une régression sociale où les dépenses sociales sont les variables d'ajustement". Le parti socialiste refuse toute suppression de l'indexation automatique, soulignant que celle-ci est "est déterminante pour préserver le pouvoir d'achat des travailleurs".