Plus de médecins roumains en Belgique

En 2009, quelque 184 médecins d’origine roumaine pratiquaient en Belgique, indiquent les chiffres sur l’ensemble des médecins étrangers exerçant dans notre pays. La plupart d’entre eux travaillent dans des hôpitaux en Wallonie et à Bruxelles. A long terme, leur présence de plus en plus massive pourrait représenter un problème pour les spécialistes belges, estiment certains.

Depuis 2007, quelque 500 médecins d’origine étrangère immigrent chaque année en Belgique et y entament une carrière. Parmi eux, les médecins roumains forment un groupe très important. L’an dernier, ils étaient 184 et représentaient ainsi 35% de l’ensemble des médecins originaires de pays européens.

Ces chiffres ont été révélés par la ministre de la Santé publique, Laurette Onkelinx (PS), en réponse à une question du sénateur Louis Ide (N-VA). Ils sont repris ce lundi dans les quotidiens De Standaard et Het Nieuwsblad.

Selon Ide, qui est lui-même médecin, environ un médecin sur huit qui entre chaque année dans la profession dans notre pays est d’origine roumaine. Le sénateur nationaliste flamand estime que la présence massive de médecins roumains en Belgique pourrait créer un problème pour les spécialistes belges à long terme.

Louis Ide fait notamment allusion au fait que les médecins étrangers travaillent dans une sorte de « zone grise » parce qu’ils n’ont pas de numéro d’identification de l’INAMI, comme la plupart des médecins belges. L’Institut national d’assurance maladie-invalidité ne sait ainsi pas où ils travaillent, ce qu’ils font exactement et combien ils gagnent.

Un constat que confirme Marc Moens de l’Association belge des syndicats médicaux, estimant que le pourcentage de médecins roumains pourrait être encore plus élevé qu’escompté. Il réclame un large débat sur la problématique, soulignant notamment l’injustice qui provient du fait que des médecins originaires d’un pays de l’Union européenne peuvent venir travailler librement en Belgique, alors que des quotas limitent l’accès à la profession pour les médecins belges.

Le choix des médecins roumains de venir en Belgique serait notamment motivé par les mauvaises conditions de travail dans leur pays d’origine, et par le fait que nombre d’entre eux maîtrisent le français. De leur côté, les hôpitaux belges souffrent d’une pénurie de médecins spécialisés pour des postes-clef, comme notamment aux urgences.