La presse étrangère intriguée et inquiète

Les médias internationaux n’ont pas passé sous silence le record mondial que vient d’égaler la Belgique en matière de crise politique. Les médias français, par exemple, notent notamment l’autodérision des Belges face à l’impasse, mais se demandent aussi avec une certaine angoisse quand la Belgique en sortira enfin.

La presse européenne, mais notamment aussi des médias américains, suit attentivement depuis 8 mois les soubresauts de la crise politique belge. Elle avait donc prévu depuis quelques temps de consacrer de l’espace dans ses quotidiens ou du temps d’émission au record que vient d’égaler ce jeudi le pays, à savoir celui des plus longues négociations en vue de la formation d’un nouveau gouvernement.

France Inter réalisait ainsi, pour son programme mondial, une émission spéciale d’une heure, ce jeudi après-midi, depuis l’opéra de La Monnaie, un lieu très lié à la naissance de la Belgique indépendante. « On ne va pas donner dans le catastrophique », avait annoncé à l’agence Belga la veille Quentin Dickinson, correspondant de la radio publique française à Bruxelles depuis 25 ans. « Il n’est pas question non plus d’évoquer une séparation du pays ou l’abdication du Roi. En dépit de la crise politique, et des affaires courantes, la Belgique fonctionne. Elle a eu une excellente présidence de l’Union. Et puis les indicateurs socio-économiques sont meilleurs que ceux prédits par la Commission européenne ». Et Dickinson de conclure : « Moi je suis convaincu que la Belgique s’en sortira. Mais je ne sais pas comment, ni quand ».

Le quotidien français Le Figaro, qui s’intéresse de près à la politique belge, se demandait ce jeudi si la crise ne risque pas de devenir sans fin. Mais le quotidien note aussi que la population tant francophone que flamande a tenu à marquer son ras-le-bol ce jour de record en organisant une « révolution des frites » dans plusieurs villes universitaires. Libération titre également : « Flamands et Wallons pour la révolution des frites ».

Le Monde note également qu’en « Belgique, tout finit par de l’humour et s’il finit par sombrer, le royaume espère au moins que ce sera dans une partie de rigolade. Ce jour-là, des Belges d'un peu partout promettent de déclencher leur "révolution des frites". Ils danseront à Anvers, se déshabilleront à Gand, manifesteront à Bruxelles et organiseront un "flash mob" à Liège. A Louvain, des cornets de frites seront distribués gratuitement. Le quotidien se demande néanmoins si une solution à la crise politique belge pourra finalement être trouvée.

France Soir note qu’un professeur de droit de Harvard a suggéré de nommer une personnalité extérieure pour tenter de rapprocher les points de vue entre Flamands et francophones. Le juriste américain a avancé le nom de l’ancien président finlandais et Prix Nobel de la Paix, Martti Ahtisaari, qui a déjà exercé ses talents de diplomate notamment au Kosovo, en Namibie et en Irlande du Nord.

Pour la chaîne de télévision TF1, les actions ludiques organisées ce jeudi par des Belges pour marquer le record ont aussi pour but de dire « non à la montée du nationalisme et du séparatisme, et oui à une Belgique unie ».