“Ne pas attaquer directement Kadhafi”

Alors que les ministres européens des Affaires Etrangères se réunissent ce lundi à Bruxelles au sujet de la situation en Libye, le chef de la diplomatie belge Steven Vanackere (CD&V) considère qu’il n’est pas opportun d’attaquer directement la personne du colonel Kadhafi. Il juge par contre ridicule la menace de Mouammar Kadhafi d’ouvrir la porte de son pays aux réfugiés vers l’Europe.

Depuis quelques jours, la situation est particulièrement agitée en Libye. Bien que peu d’informations précises nous parviennent, il semblerait que les violences lors des manifestations contre le pouvoir de Mouammar Kadhafi (photo) aient déjà fait plusieurs centaines de morts, parmi lesquels aussi des femmes et des enfants. Interviewé ce lundi matin dans le cadre de l’émission « De Ochtend » sur la première chaîne radio de la VRT, le ministre belge des Affaires Etrangères, Steven Vanackere (CD&V), s’est dit « inquiet des violences en Libye ».

« Je pense que la Libye ne peut pas tout à fait être comparée à ce qui s’est passé en Tunisie ou en Egypte. Le revenu moyen est en effet plus élevé en Libye que dans les autres pays arabes, et la différence entre les salaires est moins grande. Mais c’est sans doute le mécontentement face à l’absence de droits politiques et de droits de l’Homme qui fait descendre la population dans la rue. Nous voyons aussi que le régime utilise davantage de violence que dans les autres pays arabes », précisait Vanackere.

« Pour l’Union européenne, la Libye est un pays particulier. De nombreux réfugiés africains qui tentent d’atteindre l’Europe sont arrêtés en Libye. La menace proférée à présent par Kadhafi d’ouvrir les robinets des réfugiés rend beaucoup de gens nerveux. Mais c’est une menace ridicule », estimait encore le chef de la diplomatie belge ce lundi matin.

Les ministres européens se concertent sur la Libye

Les ministres des Affaires Etrangères des 27 pays de l’Union se réunissent ce lundi à Bruxelles au sujet de la situation en Libye. Ce sera notamment l’occasion pour Steven Vanackere de se concerter avec la Haute représentante de l’Union pour les Affaires Etrangères, Catherine Ashton. Le ministre belge estimait cependant déjà qu’il n’était pas opportun d’attaquer directement la personne de Kadhafi.

« Cela permet d’entretenir l’idée de conspiration internationale, et cela peut avoir des effets contraires à ceux poursuivis », affirmait Steven Vanackere. « L’UE doit avant tout garder à l’esprit l’image de ce que doit être l’avenir de la Libye. Une série de moyens sont disponibles à cet effet. Mais il faut aussi résister à la tentation d’organiser très vite des élections. La démocratie est plus qu’un scrutin. Il faut également un pluralisme et une liberté de la presse. Si des élections avaient lieu maintenant, il n’y aurait que les partis islamistes - comme en Egypte, par exemple - qui seraient organisés ».

Les ministres des Affaires Etrangères de l’Union lancent ce lundi une déclaration commune, dans laquelle ils appellent les acteurs en Libye à ne plus avoir recours à la violence.

Interrogé sur le soutien belge à l’attribution à la Libye d’un siège au Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies, le ministre Vanackere a reconnu qu’il s’agissait d’une « décision boiteuse, difficile. C’était lié à la candidature d’autres pays. Mais la conséquence, c’est que pour la première fois, un rapport critique sur la situation des droits de l’Homme en Libye a pu être publié », concluait le chef de la diplomatie belge sur les ondes de la VRT.