Prix du pétrole: la Belgique plus sensible

La forte hausse des prix des produits pétroliers touchera davantage l'activité économique en Belgique que dans les autres pays de la zone euro, selon des chiffres de la BCE et de la Banque Nationale. L’économiste de la KUL (Université catholique de Leuven) Paul De Grauwe plaide dès lors pour un nouveau système d’indexation en Belgique.

La BCE a calculé qu'une hausse des prix pétroliers de 10% fera perdre 0,4% au PIB belge après trois ans d'activité économique. Ce chiffre est presque le double de la zone euro où le recul devrait être de 0,24%. Selon la BNB, ce sont les exportations qui seront particulièrement touchées.

La hausse des prix pétroliers fait en effet grimper les salaires via l'indexation automatique et mine la concurrence.  Les investissements pourraient aussi être touchés.

Pour Paul De Grauwe, économiste à la KUL, il y a trois explications à ce phénomène:

"Notre économie est plus dépendante du pétrole, le secteur énergétique est monopolistique dans notre pays et les augmentations de prix sont plus rapidement prises en compte", a-t-il déclaré dans l’émission "De ochtend" sur la VRT.

En Belgique le système d’indexation des prix à la consommation fait que toute augmentation des prix de l’énergie a une influence importante sur l'économie.
 

"A long terme, nous devons diminuer notre dépendance aux produits pétroliers et nous attaquer au caractère monopolistique du secteur de l’énergie en Belgique", estime encore  Paul De Grauwe.

L'économiste de la KUL plaide aussi pour une modification du mécanisme de l’indexation qui devrait plutôt se faire sur base du Produit Intérieur brut (PIB).

"Il faut lier la hausse de l’index à la valeur ajoutée produite dans notre pays. De cette manière les prix des produits énergétiques ne seront plus pris en compte. Nous devons absolument éviter que la crise des années 70 ne se reproduise" a-t-il déclaré.