Des Bruxellois dénoncent l'immobilisme des partis francophones

Huit Bruxellois francophones apportent vendredi leur soutien aux artistes flamands et défendent leur vision de Bruxelles dans une carte blanche publiée simultanément dans De Standaard et dans Le Soir.

Ces huit Bruxellois francophones - Jacques Borlée (entraîneur d’athlétisme), Etienne de Callatay (économiste), Eric Dekeuleneer (ULB), Alain Deneef (du parti bilingue Pro Bruxsel) , Serge Fautré (Cofinimmo), Henri Goldman (Blog Politique), Philippe Van Parijs (UCL) et Fatima Zibouh (politologue) commencent par rendre hommage aux nombreux artistes flamands qui se sont réunis au théâtre flamand bruxellois KVS le 21 janvier dernier pour "dénoncer le nationalisme mesquin et clamer que ceux qui le promouvaient ne parlaient pas en leur nom" et montrent leur solidarité en disant à leur tour "Pas en notre nom! ".

"La myopie de certains partis francophones"

Ces huit francophones expliquent ne pas s'en prendre au nationalisme flamand mais "au communautarisme d'une partie des partis politiques francophones dont l'immobilisme crispé, la myopie, le refus ou l'incapacité de repenser en profondeur notre avenir ont trop souvent contribué à faire le lit du nationalisme flamand".

L’un des signataires de la carte blanche, le Professeur Philippe Van Parijs a déclaré vendredi matin dans l’émission De ochtend (VRT) que Bruxelles n’était pas un morceau de francophonie.  "Certains hommes politiques francophones regardent avec nostalgie vers un Bruxelles unitaire, mais nous ne devons pas revenir au Bruxelles du 20ème ou 19ème siècle".

Pour Van Parijs il est important que toutes les générations de Bruxellois parlent le néerlandais et que le néerlandais occupe une place centrale dans la capitale. Il faut enfin renforcer la confiance entre les différents groupes de population à Bruxelles.

Les signataires de la carte blanche plaident aussi pour que chaque personne qui s'installe en Wallonie ou en Flandre ait le courage d'apprendre la langue officielle de la région. Ils demandent qu'un compromis raisonnable soit trouvé sur BHV (Bruxelles-Hal-Vilvorde), récusant "l'acharnement irresponsable avec lequel les partis francophones se sont opposés" à la scission de BHV.

Et d'ajouter qu'ils croient qu'il faut avancer vers une fédération faite de quatre régions autonomes et responsables.