Début du procès pour le meurtre de Kitty

Noureddine Cheikhini, Galip Kurum et Hassan Iasir ont-ils abbattu Kitty Van Nieuwenhuysen le 4 décembre 2007 à Lot (Brabant flamand)? C'est la délicate question à laquelle devront répondre les jurés de la cour d'assises de Bruxelles. Le procès du meurtre de la jeune policière le 4 décembre 2007 s'ouvre ce lundi matin à Bruxelles. Les trois accusés nient toujours les faits.

"Le procès devrait durer 2 mois", a annoncé la présidente de la cour, Karin Gérard, en comptant des jours de relâche. L'entrée en délibération du jury est actuellement programmée au plus tard le 26 avril. Le procès se déroulera en français, la langue des accusés alors que les victimes sont néerlandophones. Il s’agit d’une procédure normale.

La première session de la cour d'assises de Bruxelles avait débuté mercredi, avec le tirage au sort des jurés. Ils jugeront les trois accusés du meurtre, en 2007, de la policière Kitty Van Nieuwenhuysen.

Le jury est composé des 12 jurés effectifs, 5 hommes et 7 femmes, ainsi que de 12 jurés suppléants, 4 hommes et 8 femmes.

Noureddine Cheikhini, Galip Kurum et Hassan Iasir, sont accusés de meurtre, de tentative de meurtre, d'un homejacking avec menace et violence, de vols de voiture et de vols de plaques d'immatriculation.
 

Dans la nuit du 3 au 4 décembre 2007, une patrouille de police était à la recherche des occupants d’une Volvo abandonnée dans la Beerselstraat. Les 3 occupants originaires de la région de Charleroi avaient l’intention de voler une camionnette mais n’y sont pas parvenus.

La Volvo avec laquelle ils s’étaient rendus sur place refusait de démarrer, ils ont alors décidé de voler un véhicule d’un des habitants de la rue.

Ont-ils tué Kitty Van Nieuwenhuysen ?

La famille Sacoor a été victime d'un homejacking au cours duquel le père, Ismaïl, a été blessé de 3 balles.
Les malfrats ont ensuite tiré sur le combi de la police qui venait de surgir dans la rue.

L'inspecteur Peter Van Stalle a reçu deux projectiles au niveau du flanc droit et sa jeune collègue, Kitty Van Nieuwhenhuysen, est décédée après avoir été atteinte par des projectiles de kalasjikov en pleine tête.

 

Analyses ADN

Un mois et demi après les faits les enquêteurs sont parvenus à arrêter trois suspects.

Ils ont été identifiés sur base de témoignages, d’informateurs de la police, un relevé et écoutes téléphoniques et des analyses ADN.

Des traces d’ADN appartenant très vraisemblablement à MM. Iasir, Cheikhni et Kurum avaient été trouvées dans la Volvo abandonnée sur place et qui avait été volée avec violence dans la nuit du 15 au 16 novembre dans la région de Charleroi.

Les trois accusés ont un lourd passé criminel. Ils prétendent ne pas être impliqués dans le vol de la Volvo ni dans la fusillade qui a suivi.
Ils dénoncent les nombreuses irrégularités qui ont émaillé l’enquête. La Cour de cassation leur avait donné tort mais leurs avocats ont annoncé qu’ils se lanceront dans une lutte de procédure. C’est la raison pour laquelle le procès pourrait durer deux mois.

Sur les 250 candidats jurés, seuls 178 s'étaient présentés mercredi matin à la cour d'assises. Ensuite, 107 d'entre eux ont été dispensés par la présidente, Karin Gérard.

Ismaël Saccoor soulagé par l'ouverture du procès

Ismaël Saccoor, la troisième victime de la fusillade à Lot, s'est dit soulagé par l'ouverture lundi à Bruxelles du procès en assises. L'homme de 57 ans qui avait été grièvement blessé par balle en se défendant face aux trois gangsters s'est exprimé avant le procès.

"Je suis soulagé que le procès, que nous attendions depuis trois ans, débute enfin", a-t-il dit. "J'espère que ma famille et moi-même pourront encore avoir une vie normale. Ma femme et mes enfants ont beaucoup souffert, les enfants ont longtemps été victimes de cauchemars. Pour eux, il était très choquant de voir leur père blessé et de réaliser que des voleurs avaient fait irruption dans leur maison", a-t-il ajouté.
Ismaël Saccoor a préféré ne pas se prononcer sur la peine qu'il souhaite entendre être prononcée au terme du procès à l'égard des trois accusés, Nourredine Cheikni (31 ans), Galip Kurum (30 ans) et Hassan Iasir (32 ans).
"Ce n'est pas à moi de me prononcer sur ce sujet, la justice doit faire son travail. J'ai du mal à être confronté de cette manière avec eux, j'aurais préféré parler personnellement avec eux. Alors j'aurais pu leur dire combien je les trouve vraiment lâches", a-t-il déclaré.