Reynders a rendu son rapport final au Roi

L’informateur Didier Reynders (MR) a passé plus de 2 heures au château de Laeken ce mardi après-midi pour faire rapport de sa mission de médiation à Albert II. Le souverain n'avait pas encore pris de décision mardi soir sur la poursuite des négociations en vue de la formation d'un nouveau gouvernement. Selon Didier Reynders, tous les partis souhaitent reprendre de vraies négociations. Avant cela, il avait mené ses dernières consultations, avec le Premier ministre démissionnaire Yves Leterme et les présidents des deux partis libéraux, Alexandre De Croo (Open VLD) et Charles Michel (MR).

Ce mardi matin, Didier Reynders s'était entretenu au sujet de la situation politique du pays avec le Premier ministre démissionnaire Yves Leterme (CD&V). Ce dernier a indiqué à l’informateur que la Belgique a besoin du Parlement jusqu’au début du mois de mai afin de pouvoir voter les budgets et en transmettre les détails aux instances européennes, qui exerceront dorénavant un contrôle accru. D’ici début mai, il ne peut donc y avoir de nouvelles élections en Belgique, estime Leterme.

En fin de matinée, Didier Reynders s’est entretenu avec les présidents des partis libéraux, Alexander De Croo (Open VLD) et Charles Michel (MR). L’informateur s'est ensuite rendu vers 16h30 au château de Laeken pour y rendre à Albert II le rapport final d’un mois de mission.

C’est le 2 février dernier que le Roi avait chargé l’ex-président des libéraux francophones d’une mission d’information. Didier Reynders devait sonder s’il subsistait une volonté politique suffisante au sein des partis pour parvenir à un accord communautaire et, à terme, à la formation d’une nouvelle coalition fédérale.

Au terme d’un premier rapport intermédiaire, remis au Roi le 16 février dernier, Didier Reynders avait vu sa mission prolongée de deux semaines, pour pouvoir « parachever et préciser entièrement » son rapport. Jusqu'alors, l’ancien président du MR n’était en effet pas parvenu à une percée.

Une mission pour le CD&V ?

Il est peu probable que Didier Reynders voit sa mission prolongée ce mardi par le Roi. Le parti socialiste francophone y serait avant tout opposé. Il semble par contre que la prochaine mission puisse aller aux démocrates-chrétiens flamands. Et le CD&V a déjà fait savoir qu’il ne s’y opposerait pas.

« Si l’on nous demandait effectivement d’assumer une responsabilité, nous le ferons », indiquait ce lundi soir le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) dans une émission télévisée de la VRT. Le nom du président du CD&V, Wouter Beke (photo), a déjà été cité à plusieurs reprises dans ce contexte.

Dans les milieux politiques, on se demande également quels partis pourront encore prendre part aux négociations institutionnelles. La N-VA souhaiterait en effet en exclure les écologistes et les socialistes flamands. Le président des libéraux flamands, Alexander De Croo (Open VLD), a également fait savoir qu’il ne voulait pas de négociations à 9 partis.

Ce mardi soir, après son entretien avec Didier Reynders, Albert II n'avait pas encore pris de décision sur la façon dont doivent se poursuivre les négociations en vue de la formation d'une nouvelle coalition fédérale. Il est probable que le Roi ne désignera que mercredi un successeur à Didier Reynders.

"Véritable volonté des partis de négocier"

Au cours d'une brève conférence de presse faisant suite à son long entretien avec le Roi, l'informateur Didier Reynders a affirmé avoir senti chez tous les partis qu'il a sondés, au cours de sa mission d'un mois, une véritable volonté de reprendre les négociations.

Reynders estime qu'il est souhaitable, et possible maintenant, de reprendre les négociations. La dynamique de négociation et la confiance entre les partenaires auraient augmenté. Selon le ministre démissionnaire, le Roi pourrait nommer un formateur ou alors opter pour une autre formule.

L'informateur n'a cependant pas dit avec quels partis les négociations pouvaient reprendre.