Crise politique: Wouter Beke entre en piste

Le président du CD&V, Wouter Beke, a été chargé mercredi par le roi Albert II d'une mission de négociation pour préparer un accord sur la réforme de l'Etat. Cette mission royale confiée au président des chrétiens-démocrates flamands fait suite à celle de Didier Reynders, qui avait rendu la veille un rapport concluant à l'existence d'une volonté de négocier "largement partagée par tous les interlocuteurs".

Après plusieurs missions royales menées par des personnalités du PS, de la N-VA, du SP.A et du MR, c'est donc au tour du CD&V de se voir confier les rênes des pourparlers communautaires. Le communiqué du Palais, très court, ne fait référence qu'à un accord sur la réforme de l'Etat et non à la formation d'un gouvernement.

A l’issue de son audience avec le roi, Wouter Beke a lu une courte déclaration devant la presse dans laquelle il a dit espérer qu’il pourra engranger des progrès suffisants "pour qu'un formateur puisse ensuite définitivement arriver à un accord communautaire et à la formation d'un nouveau gouvernement fédéral à part entière".

Le président du CD&V a rappelé que son parti ne cessait de dire depuis les élections du 13 juin que la réforme de l’Etat et le prochain gouvernement fédéral devaient être basés sur l’axe N-VA/PS.

Pour lui, sa mission ne pourra toutefois aboutir que "si les neuf partis concernés ont la ferme volonté de participer activement à la recherche de solutions". Et de souligner que "discrétion, confiance et responsabilité" seront les mots d'ordre.

Wouter Beke s'en est tenu à sa déclaration et a refusé de répondre aux questions des journalistes, notamment en ce qui concerne l'agenda avec lequel il entend travailler et la durée de sa mission, qui n'a pas été stipulée dans le communiqué du Palais royal.

PS et N-VA prêts à coopérer de manière constructive

Les deux partis vainqueurs des élections législatives du 13 juin se sont dits prêts à coopérer de manière constructive à la mission royale de Wouter Beke.

"Nous nous sommes toujours montrés constructifs depuis les élections", a ainsi indiqué le ministre flamand N-VA, Philippe Muyters. "Et c'est ce que nous continuerons à faire durant cette étape". A ses yeux, le plus important est d'arriver à une réforme de l'État apportant "le changement fondamental que nous avons promis". Sans vouloir confirmer l'opposition francophone à voir la N-VA chargée d'une mission royale, Philippe Muyters a toutefois confirmé que son parti était prêt à assumer ses responsabilités.

De son côté, le Parti socialiste a indiqué soutenir pleinement la mission confiée à Wouter Beke et a souligné qu’il continuera à travailler de manière constructive pour trouver un accord constitutionnel équilibré. "La formation d'un nouveau Gouvernement ne peut pas être indéfiniment postposée", a conclu le président du PS, Elio Di Rupo, dans un communiqué.

Qui est Wouter Beke ?

Le président du CD&V, Wouter Beke, est encore largement méconnu du grand public au sud du pays, notamment en raison de son jeune âge (36 ans) et de son arrivée toute récente à la tête des démocrates-chrétiens flamands.

En 2003, Un an plus tôt, Yves Leterme, alors président du CD&V et père du cartel avec la N-VA, l'avait poussé à la vice-présidence du parti, où il demeurera sous les présidences de Jo Vandeurzen et Etienne Schouppe.

Il accède brièvement à la présidence (par intérim) du CD&V en mars 2008, mais repasse à la vice-présidence sous l'ère Marianne Thyssen. Wouter Beke retrouve la présidence par intérim du CD&V l'été dernier, lorsque Marianne Thyssen, marquée par l'échec électoral de son parti aux législatives du 13 juin, décide de démissionner.

Il devient président à part entière du CD&V le 22 décembre. Seul candidat, il est élu avec 98,73% des voix. Son ambition avouée est de refaire du CD&V le premier parti de Flandre pour les élections communales de 2012.