“Il faut un gouvernement pour fin avril”

Le chef de file de la N-VA à la Chambre, Jan Jambon (photo principale), estime que l’UE impose de fait une date limite aux négociations communautaires puisque la Belgique - comme les autres pays de la zone euro - devra introduire fin avril auprès des institutions européennes un budget pour 4 ans. Ce que ne peut faire un gouvernement en affaires courantes, estime Jambon, qui indiquait aussi que son parti quittera les négociations si un accord communautaire n’est pas trouvé endéans les deux mois.

Interviewé par les quotidiens Gazet van Antwerpen et Het Belang van Limburg de ce samedi, le chef de file du parti nationaliste flamand à la Chambre déclare : « Soit on parvient endéans les deux mois à un accord au sujet d’une réforme de l’Etat, du dossier de Bruxelles-Hal-Vilvorde et de Bruxelles, soit la N-VA quittera la table des négociations ».

Aux micros du Journal parlé de la VRT et de l’émission matinale « De Ochtend », ce samedi, Jan Jambon affirmait néanmoins que ce n’est pas son parti qui fixe une deadline au négociateur royal Wouter Beke (photo), mais l’Europe.

« Il s’agit tout simplement d’une date limite dans les faits », expliquait le député. « Dans le courant de la seconde moitié d’avril, notre pays devra remettre aux institutions européennes un budget pluriannuel qui lui permette de revenir à un équilibre financier d’ici 2015. Aucun acteur politique sérieux n’estime qu’un tel plan puisse être élaboré par un gouvernement en affaires courantes ».

« Il faudra donc qu’au plus tard fin avril un gouvernement de plein exercice entre en fonctions et qu’il demande la confiance à la Chambre. C’est une donnée objective. Nous demandons donc qu’on passe à la vitesse supérieure », déclarait encore Jan Jambon dans « De Ochtend ».

Par la voix de son chef de file à la Chambre, la N-VA est le premier parti qui fixe une deadline à la mission de négociateur royal de Wouter Beke (CD&V). Les autres partis se taisent actuellement. « Nous ne fixons pas de date limite. J’ai seulement attiré l’attention sur le fait qu’il y a une deadline de fait. Je ne fixe pas de date limite, mais tout le monde à la Rue de la Loi sait que cette deadline existe », concluait Jambon.

La N-VA veut avoir son mot à dire

En plus du budget pluriannuel que les autorités belges devront présenter fin avril aux instances européennes, la Belgique devra introduire à la même période auprès des institutions européennes les mesures qui lui seront nécessaires pour atteindre les objectifs 2020, qui concernent notamment le pourcentage de personnes actives sur le marché de l’emploi.

Jan Jambon déclarait également à la VRT que la N-VA veut avoir son mot à dire sur ces thèmes et qu’il faut avoir atteint d’ici deux mois un accord communautaire. Sinon, les nationalistes flamands ne feront pas partie du nouveau gouvernement.

« Fin avril nous devrons présenter nos dossiers aux institutions européennes. A ce moment-là, il n’y aura plus de table de négociations. Il y aura un gouvernement et des partis d’opposition. Nous ferons partie du gouvernement si un grand accord a pu être atteint au sujet d’une réforme de l’Etat et d’une scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde ».

"Beke travaille sans deadline"

Le CD&V, le parti du négociateur royal Wouter Beke, n’est pas d’accord avec les propos de Jan Jambon au sujet d’une deadline de fait pour fin avril. « Wouter Beke a reçu du Roi la mission de préparer les négociations, mais sans timing », déclarait ce samedi à la VRT le chef de file du CD&V à la Chambre, Servais Verherstraeten (photo).

« Beke a pris des rendez-vous de travail avec Elio Di Rupo (PS) et Bart De Wever (N-VA). Aucun timing n’a été fixé. Et si fin avril, un nouveau gouvernement n’est pas encore en vue, alors il faudra que le gouvernement actuel prenne ses responsabilités ».