“Ceci n’est que le commencement”

Serge Brammertz, le magistrat belge qui est actuellement procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, se dit satisfait de l’enquête ouverte par la Cour pénale internationale contre le colonel libyen Mouammar Kadhafi, mais souligne que le chemin est encore long jusqu’à un éventuel procès.

Originaire d’Eupen (en Belgique germanophone) et nommé en 2008 comme successeur de Carla Del Ponte au poste de procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, le magistrat Serge Brammertz (49 ans) possède une longue expérience des enquêtes sur les violations des droits de l’Homme.

En tant que procureur adjoint de la Cour pénale internationale (CPI), il avait été nommé en janvier 2006 à la tête de la Commission d’enquête internationale (photo) sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafiq Hariri. Serge Brammertz n’est pas impliqué dans l’enquête sur le colonel libyen Mouammar Kadhafi, mais se dit ravi qu’une enquête ait été ouverte par la Cour pénale internationale.

« Je pense qu’il s’agit d’un signal très important des leaders du monde entier, et un signal qui a été donné très rapidement, qu’un chef d’Etat ne peut pas se comporter de telle manière », réagissait le magistrat belge ce dimanche dans l’émission matinale « De Ochtend », sur la première chaîne radio de la VRT. « Il s’agit donc vraiment d’une décision politique très importante ».

Serge Brammertz souligne cependant que le chemin pour parvenir à un procès contre Kadhafi sera encore très long. « Ce n’est maintenant que le commencement, et pas le point final. Il faut en effet rassembler des preuves, établir un dossier et puis présenter ce dossier au juge à La Haye. Après cela il faudra encore émettre un mandat d’arrêt international. Il puis il faudra aussi que quelqu’un soit prêt à mettre en œuvre ce mandat d’arrêt », précisait le procureur belge.