Les syndicats soutiennent Koekelberg

Le syndicat chrétien CSC se dit "choqué" par la décision du commissaire général de la police fédérale de démissionner. Dimanche soir, juste après l’annonce du départ de Fernand Koekelberg, le syndicat national NSVP affirmait comprendre et respecter la décision du patron de la police. Ce dernier faisait notamment l’objet de critiques en raison des frais encourus pour un voyage de lobbying au Qatar.

Fernand Koekelberg (56 ans) annonçait ce dimanche soir, par communiqué, sa décision de démissionner de son poste de commissaire général de la police fédérale, notamment pour sauver l’image de la police belge. Il citait comme motif de sa décision, "les attaques répétées dont j’ai fait l’objet au cours de ces quatre années de mandat". Selon le commissaire général, elles "furent autant d’atteintes à mon honneur et n’ont pas été sans impact sur l’image de la police fédérale".

Ce lundi, le personnel de la police se montre abattu par la démission du grand patron de la police fédérale. Selon le secrétaire de la CSC-ACV Services publics, Jan Adam, le personnel serait "choqué" par la décision de démissionner prise par Fernand Koekelberg. Il rappelle que le personnel était très satisfait du travail du commissaire général. "Nous avons toujours pu collaborer avec lui dans une bonne ambiance constructive. Ce qui n’était pas toujours le cas auparavant".

Et Jan Adam d’ajouter qu’il connaissait Koekelberg depuis 15 ans, comme un homme très enthousiaste. Au fur et à mesure, il aurait découvert "les capacités de l’homme et ce qu’il a développé. A la longue, on ne peut plus qu’avoir de l’admiration, du respect et de l’appréciation". Vendredi déjà, la CSC avait apporté son soutien à Koekelberg, déclarant qu’une polémique ne pouvait gâcher tout le travail positif réalisé jusqu’alors par le commissaire général.

"Ce qui lui arrive est, selon ses collaborateurs, sans mesure et incorrect. Nous respectons et nous soutenons la décision que le commissaire général a prise, non seulement pour lui-même mais aussi dans l’intérêt de ses collaborateurs et de la police intégrée", concluait Jan Adam. Il espère que le changement de culture lancé par Koekelberg au sein de la police sera poursuivi par son successeur.

Ce dimanche soir, le syndicat national de la police et du personnel de sécurité NSVP réagissait aussi à la démission de Fernand Koekelberg. Tout comme la CSC, le NSVP continue à soutenir le commissaire général. "C’est tout à son honneur qu’il ait pris ses responsabilités sous la pression. Il n’a plus voulu combattre la perception qu’avait le monde extérieur des faits, il était fatigué de se battre", réagissait Philip Van Hamme du syndicat national.

Désigner un successeur : pas en affaires courantes

Dimanche soir, le ministre de la Justice Stefaan De Clerck (CD&V) indiquait avoir pris connaissance de la décision du commissaire général. Il saluait l’engagement "inconditionnel de Monsieur Koekelberg et sa contribution significative à la réforme de la police et au fonctionnement de la police intégrée".

Selon Stefaan De Clerck, le successeur au moins temporaire du commissaire général démissionnaire, le directeur général de la police judiciaire fédérale Paul Van Thielen (photo, à dr.), disposera de tout son soutien pour sa mission.

De son côté, la ministre de l’Intérieur Annemie Turtelboom (photo, à g.) se réunit ce lundi avec les directeurs de la police à propos de la situation. Elle estime en effet qu’un gouvernement en affaires courantes ne peut pas désigner un successeur définitif au commissaire général.

"Nous pouvons bien entendu lancer une procédure de sélection et une évaluation. Espérons qu’entretemps nous aurons un nouveau gouvernement en plein exercice". La procédure de sélection dure environ trois à quatre mois.