"Nous créons des places pour les allophones dans nos écoles"

Le ministre flamand de l’Enseignement, Pascal Smet (SP.A, photo), juge "regrettable et bizarre" l’attitude du gouvernement de la Communauté française qui a introduit un recours en annulation contre le décret flamand qui restreint les conditions d’inscription dans les écoles flamandes de Bruxelles.

Dans un communiqué publié ce lundi, en réaction au recours en annulation introduit par la ministre francophone de l’Enseignement obligatoire, Marie-Dominique Simonet (CDH), le ministre flamand de l’Enseignement explique que depuis le décret de 2002 sur l’égalité des chances dans l’enseignement, les enfants néerlandophones peuvent s’inscrire en priorité dans les écoles flamandes de la capitale. Quelque 45% des places disponibles leur étaient réservées.

Le décret de 2002 stipulait aussi que les parents doivent simplement déclarer sur l’honneur qu’ils parlent le néerlandais à la maison. Selon Pascal Smet, la proportion de 45% d’enfants dont la langue maternelle est le néerlandais n’est ainsi pas respectée, parce qu’il y a des « fraudes » avec cette déclaration sur l’honneur.

C’est la raison pour laquelle le Parlement flamand a décidé, à la fin de l’année scolaire dernière, de ne plus accorder de priorité aux parents qui affirment parler le néerlandais à la maison, mais à ceux qui maîtrisent réellement la langue. Ils doivent en apporter la preuve concrète, comme par exemple sous forme d’un test simple passé dans une Maison du néerlandais.

Selon Smet, il y a bien plus de personnes qui maîtrisent le néerlandais que de citoyens qui le parlent à la maison. Ainsi, il y a dans la capitale des couples mixtes du point de vue linguistique où l’un des deux parents, voire les deux, ont le néerlandais comme langue maternelle, mais qui ne le parlent pas à la maison. C’est la raison pour laquelle, lors de la révision du décret, le pourcentage de places réservées a été augmenté de 45 à 55%.

"Tiré par les cheveux"

Le ministre juge qu’il n’y a en fait pas vraiment 55% d’enfants dans les écoles flamandes de Bruxelles dont au moins un parent parle le néerlandais, mais tout au plus un tiers des élèves. Ce qui lui fait dire que « dans l’enseignement néerlandais à Bruxelles, tout au plus un tiers des élèves parle néerlandais à la maison. Dans l’enseignement francophone, au moins 7 enfants sur 10 parlent français chez eux. Comparativement, l’enseignement néerlandophone prend en charge deux fois plus d’enfants allophones (d’une autre langue maternelle, ndlr) que l’enseignement francophone. Affirmer que la Communauté flamande esquive ses responsabilités est donc tiré par les cheveux ».

Le ministre rappelle en outre les projets d’extension de l’enseignement flamand dans la capitale, qui profiteront aussi aux enfants allophones. « En étendant la capacité, nous créons des places supplémentaires pour les enfants allophones dans nos écoles à Bruxelles, le nombre d’enfants néerlandophones n’étant pas en augmentation. Je trouve dès lors inadéquat de présenter les choses comme si nous désavantagions les enfants allophones en tant que groupe. C’est l’inverse », concluait Pascal Smet.

Pour rappel, la Communauté française estime que le décret flamand revu va à l’encontre de ses intérêts. « Nous voulons que l’enseignement néerlandophone intègre davantage d’allochtones et d’enfants qui parlent une autre langue maternelle, de telle sorte que l’enseignement francophone doive moins en accueillir », expliquait le chef de cabinet de la ministre Marie-Dominique Simonet (photo).