La Libye au centre du sommet européen

Les dirigeants européens ont entamé en fin de matinée une réunion pour tenter de gommer leurs divisions sur la stratégie à adopter en Libye, lors d'un sommet de crise où Paris et Londres comptent faire monter la pression en faveur de l'option militaire et d'une reconnaissance des rebelles. Yves Leterme a d’ores et déjà critiqué le manque de concertation de la France avec ses partenaires européens.

Le Premier ministre sortant Yves Leterme a critiqué implicitement le manque de concertation de la France avec ses partenaires sur la reconnaissance du Conseil national de transition (CNT) libyen.

"Il est nécessaire d'avoir une position commune pour renforcer la crédibilité de l'action extérieure de l'Union européenne", a-t-il déclaré en arrivant à un sommet européen consacré à la situation en Libye et dans le monde arabe.

"Il vaut mieux prendre des positions concertées", a-t-il ajouté, soulignant que toute intervention militaire devrait se faire "avec un mandat de l'ONU" et avec "un certain appui de la Ligue arabe".

Hier, la France est devenue le premier pays à reconnaître le CNT, organe de l'opposition au régime de Mouammar Kadhafi. Paris et Londres sont par ailleurs disposées à participer à des actions "ciblées" contre les forces du régime de Mouammar Kadhafi si ces dernières font notamment usage "d'armes chimiques" ou bombardent la population, a déclaré le président Nicolas Sarkozy avant la réunion.

Cette position contraste avec la relative prudence adoptée par les autres pays européens et par la Haute représentante pour la politique étrangère de l'Union Catherine Ashton, qui n'ont pas reconnu le CNT comme seul représentant légitime du peuple libyen, et encore moins envisagé des bombardements.

M. Leterme a reçu jeudi des représentants du CNT, sans pour autant reconnaître sa pleine légitimité. "La Belgique reconnaît des États, pas des partis", a-t-il déclaré.