UE : l’indexation des salaires maintenue

L’Union européenne a donné son accord au système belge d’indexation automatique des salaires, mais a exclu les augmentations salariales arbitraires. Ces mesures interviennent dans le cadre du pacte pour l’euro, conclu hier soir par les dirigeants de la zone euro réunis à Bruxelles.

Les 17 dirigeants des pays de la zone euro se sont mis relativement vite d’accord sur le pacte pour l’euro. Les quatre propositions belges d’amendement du texte provisoire ont été approuvées, à la grande satisfaction du Premier ministre sortant, Yves Leterme (photo).

Ce pacte a été adopté en vue de renforcer la compétitivité et la convergence des politiques économiques européennes en poussant les gouvernements à les réformer, sur une base volontaire toutefois.

Il reposera sur des engagements en matière de modération salariale dans le secteur public et de mécanismes de limitation de la dette publique en particulier. Il ne s'agit toutefois à ce stade "que d'un accord de principe".

Le texte ne parle pas de suppression de l’indexation des salaires sur les prix, telle que pratiquée en Belgique. Le système n’est donc à premier abord pas remis en question. Le pacte estime toutefois que de tels mécanismes devront être réexaminés là où cela est nécessaire.

"Le texte tient beaucoup plus compte de la tradition en Belgique d’ajuster les salaires à la hausse des prix. Au niveau national, il nous faudra toutefois profondément examiner l’index, et l’inflation, par exemple les prix trop élevés de l’énergie dans notre pays. Mais fondamentalement, le fondement de notre concertation sociale, qui lie de façon automatique les salaires à la hausse des prix, est maintenu", a souligné Yves Leterme.

Renforcement du Fonds de soutien

Tôt ce matin, les dirigeants de la zone euro ont décidé de renforcer leur Fonds de soutien aux pays en difficulté et d'assouplir les conditions du plan de sauvetage à la Grèce, dans l'espoir de rassurer des marchés à nouveau préoccupés par la santé de l'Union monétaire. Ils ont revanche refusé de faire un geste identique pour l'Irlande, car elle s'est opposée à toute augmentation de sa fiscalité sur les sociétés.

Au total, les pays de la zone euro se sont mis d’accord pour porter à 440 milliards d’euros les ressources effectives de leur actuel Fonds de secours financier. Les mesures adoptées sont censées rassurer les marchés financiers, de nouveau très nerveux après une "annus horribilis" en 2010 pour la zone euro qui a fait vaciller la monnaie commune.

Toutes ces décisions devront toutefois encore être finalisées par l’ensemble des 27 pays de l’Union européenne lors d’un nouveau sommet le 24 et 25 mars.