Beke achève un premier tour des partis

Le négociateur royal Wouter Beke (CD&V, photo) s’entretient ce lundi avec les présidents de la N-VA et du PS, Bart De Wever et Elio Di Rupo, après avoir eu des contacts informels avec le MR, Open VLD, le SP.A, le CHD, Ecolo et Groen ! pendant le week-end. Il rendra un premier rapport intermédiaire au Roi mercredi.

Wouter Beke (CD&V) a eu pendant ce week-end de vacances scolaires de Carnaval des contacts informels avec les partis qui participent depuis des mois (et pour les libéraux depuis des semaines) aux négociations en vue de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral, à savoir les libéraux du MR et de l’Open VLD, les socialistes flamands du SP.A, les démocrates-chrétiens francophones du CDH, et les écologistes de Groen ! et Ecolo.

Ce lundi, le négociateur royal clôturera son premier tour d’horizon avec les présidents des deux partis vainqueurs des élections législatives du 13 juin, à savoir le socialiste francophone Elio Di Rupo et le nationaliste flamand Bart De Wever (double photo). Avec ces derniers, il abordera les thèmes de la justice et des affaires institutionnelles, et en particulier la réforme du Sénat.

Wouter Beke rendra ensuite mercredi un premier rapport intermédiaire au Roi sur la mission qu'Albert II lui a confiée le 2 mars. Le négociateur aura ensuite des contacts bilatéraux formels avec les six partis MR, Open VLD, SP.A, CDH, Groen! et Ecolo.

Selon certains échos récoltés par l’agence de presse Belga, les choses n’auraient guère bougé depuis le début de la mission de Wouter Beke. Le négociateur royal aurait jusqu’ici surtout fait l’inventaire des convergences et divergences entre les deux grands vainqueurs des élections, à savoir la N-VA et le PS. Selon l’une des sources de Belga, l’un des premiers points d’achoppement aurait été la base des discussions elle-même, Beke ayant pris comme point de départ la note de l’ex-médiateur Johan Vande Lanotte (SP.A), rejetée par la N-VA et le CD&V.

Réactions diverses

Interrogé ce dimanche dans l’émission « Mise au point » de la télévision publique francophone RTBF, le président du PS Elio Di Rupo n’a pas voulu s’étendre sur le contenu des discussions en vue de réformes institutionnelles et de la formation d’un nouveau gouvernement fédéral.

Il a simplement précisé que si ces discussions paraissent interminables aux citoyens, c’est en raison d’un fait inédit dans l’histoire politique belge, à savoir le fait d’un parti indépendantiste ait remporté les élections en Flandre et ait exigé, avec d’autres partis, qu’il y ait un accord institutionnel avant la formation d’un gouvernement. « Pour la première fois, on n’a pas fait un gouvernement d’abord et ensuite une réforme de l’Etat », a expliqué Elio Di Rupo.


Interviewé ce dimanche également, dans l’émission télévisée de la VRT « De Zevende Dag », le chef de groupe N-VA à la Chambre, Jan Jambon, a quant à lui réaffirmé que les propositions qui avaient jusqu’ici été mises sur la table par les divers médiateurs sont insuffisantes aux yeux de son parti.

Le vice-Premier ministre et ministre du Budget, Guy Vanhengel (Open VLD, photo), a réagi ce lundi matin dans l’émission radio « De Ochtend » de la VRT aux propos de Jan Jambon. Il s’est notamment interrogé sur la volonté de la N-VA de parvenir à un accord communautaire.

« Aussi longtemps qu’ils sont assis à la table des négociations, il faut partir du principe qu’ils ont de bonnes intentions. Mais lorsqu’ils s’expriment en-dehors des négociations, leur langage est tellement rigoureux que l’on peut se demander si leurs intentions sont réellement bonnes et s’ils veulent vraiment parvenir à un accord », déclarait Vanhengel.

Le vice-Premier n’a cependant pas voulu s’exprimer sur la formation d’un gouvernement sans la N-VA. Selon Guy Vanhengel, il faut en tous cas éviter la tenue de nouvelles élections. « Il y a des dossiers importants à traiter et personne ne sait si de nouvelles élections permettront d’accélérer le mouvement. De plus, pour pouvoir les organiser, il faut une majorité ».