Le séisme japonais affecte l’économie

La catastrophe naturelle a causé d’importants dégâts dans nombre d’entreprises au Japon, y compris certaines qui exportent notamment vers l’Europe. La diminution ou l’arrêt de production dans des entreprises devrait donc se faire sentir jusqu’en Belgique. Selon certains économistes, l'impact direct restera cependant limité sur l'économie belge.

Cinq jours après le tremblement de terre d’une amplitude de 8,9 sur l’échelle de Richter et le tsunami qui ont ravagé une partie du Japon, il est encore difficile d’évaluer avec précision l’ampleur des répercussions économiques de la catastrophe naturelle. Il est cependant déjà clair que les conséquences sont de taille.

Le constructeur automobile Toyota possède 22 fabriques au Japon, dont trois sont installées dans la région particulièrement touchée par le séisme. En ce début de semaine, il n’était pas encore clair si l’unité de production dans ces trois usines était vraiment touchée. Par mesure de sécurité, la production a de toute façon été interrompue dans l’ensemble des fabriques Toyota jusqu’à mercredi, « pour avoir le temps de faire une évaluation de la situation », indiquait Etienne Plas, le porte-parole de Toyota Europe.

Des coupures régulières d’électricité peuvent également avoir des répercussions sur la production industrielle.

Pour l’Europe, l’impact direct de la situation est limité parce que les pièces détachées font un voyage de 6 semaines en bateau du Japon vers l’Union européenne. Ce n’est que si la situation précaire se prolongerait qu’elle pourrait faire tache d’huile.

La situation est à peu près identique dans le cas du constructeur automobile Honda. Un arrêt de production y est prévu jusqu’au 20 mars. Le constructeur Nissan (photo) interrompt également complètement sa production, alors que Mitsubishi ne possède pas d’usine dans la région touchée par le séisme.

Conséquences encore floues

D’autres entreprises japonaises de taille sont également touchées par la catastrophe naturelle. Ainsi Sony possède 6 unités de production dans la région sinistrée. « L’une d’entre elles a été sévèrement touchée par le tsunami », explique Ann Glorieus, la porte-parole de Sony Belgique. Tous les employés ont pu échapper aux eaux et se mettre en sécurité, mais ils sont tous au chômage technique. Là aussi, les conséquences directes pour le marché européen ne sont pas encore claires.

D’autres entreprises, qui ont des filiales tant au Japon qu’en Flandre, ont été touchées. Mais l’impact de la catastrophe naturelle ne peut encore être calculé avec précision, indique ces entreprises. Le producteur de matériel photographique Canon a annoncé que huit de ses entreprises ont été touchées au Japon. La production y a été suspendue pour une durée indéterminée, mais pour les implantations belges de Canon il n’y aurait pas encore d’embarras direct.

Le producteur Daikin (photo) à Ostende annonce par contre que les conséquences du séisme se font déjà sentir. Quant aux ports de Zeebrugge et d’Anvers, ils n’enregistraient ce lundi pas encore de problèmes provenant de la catastrophe naturelle.

Impact direct limité sur l'économie belge

Selon Philippe Ledent, économiste de la banque ING, le ralentissement des activités économiques au Japon devrait n'avoir qu'un impact direct limité sur l'économie belge. L'effet indirect pourrait être plus important, mais est difficilement quantifiable dans l'état actuel de la situation. A long terme, estime Ledent, les conséquences pourraient être positives.

"Les exportations vers le Japon représentent à peine 0,7% du commerce extérieur belge. L'impact direct d'un ralentissement de l'économie japonaise sur la Belgique est donc assez faible". Il pourrait néanmoins y avoir un effet indirect à court terme sur le marché belge, le Japon étant la 3e puissance économique mondiale.

Les importations belges ne devraient pas être trop touchées non plus, les entreprises belges ayant la possibilité de trouver des fournisseurs ailleurs, estime notamment l'économiste Philippe Ledent.