Des tests de résistance pour nos centrales

Le Comité ministériel restreint a décidé mardi soir de faire contrôler la sécurité des 7 centrales nucléaires belges au moyen de tests de résistance. Les résultats sont prévus pour la fin de l’année. Le ministre de l’Energie, Paul Magnette (PS), a indiqué dans l’émission « Terzake » de la VRT que le gouvernement attendra ces résultats pour rouvrir le débat et prendre une décision sur l’éventuel prolongement de vie des centrales.

Le Comité ministériel restreint s’est penché ce mardi soir sur la situation au Japon, qui est actuellement confronté aux conséquences dramatiques du lourd tremblement de terre et du tsunami sur ses installations nucléaires. Plus tôt dans la journée, les pays de l’Union européenne réunis d’urgence s’étaient prononcés en faveur de tests de résistance des installations nucléaires des Etats membres, sur base volontaire.

Bien que ces tests ne soient donc pas imposés dans l’Union, les principaux ministres du gouvernement belge en affaires courantes ont décidé mardi soir de faire procéder à des vérifications dans les centrales belges par des experts internationaux indépendants, sur base d’une méthodologie européenne.

Selon le ministre de l’Energie démissionnaire, Paul Magnette (PS), les tests devraient durer entre 3 et 4 mois et leurs résultats sont donc attendus pour la fin de 2011. Ils seront alors rendus publics.

Interviewé ce mardi soir dans l’émission « Terzake » de la VRT télévision (photo), Paul Magnette a estimé que ces tests étaient très importants pour la sécurité du nucléaire en Belgique et que leurs résultats permettront d’objectiver le débat sur l’éventuelle prolongation de vie des centrales de Doel et Tihange. Un débat qui est mené depuis plusieurs années en Belgique et qui a été ravivé par la catastrophe naturelle au Japon.

Le ministre de l’Energie a précisé que le Conseil ministériel restreint s’était entendu pour ne pas rouvrir le débat sur la prolongation de vie des sept centrales avant que les résultats des tests de résistance n’aient été publiés.

On sait de longue date que les avis des partis politiques sur la prolongation de vie de 10 ans des plus vieilles centrales belges sont très partagés. Ainsi la N-VA et l’Open VLD, notamment, ont clairement énoncé leur souhait de prolonger l’activité des centrales belges. Le parti socialiste francophone de Paul Magnette plaide par contre en faveur d’un abandon progressif du nucléaire, avec la fermeture des plus vieilles centrales dès 2015.

Problème d’approvisionnement ?

Sur le plateau de « Terzake », le ministre Magnette a également regretté que le gouvernement allemand ait décidé ce mardi de fermer temporairement ses sept plus vieilles centrales nucléaires, construites avant 1980. « Si cinq ou six pays européens prennent une décision semblable, cela pourrait entrainer des problèmes d’approvisionnement en énergie dans l’Union européenne », a estimé Magnette.

Le ministre de l’Energie estime qu’une pareille décision devrait être d’abord discutée avec les autres Etats membres. Plus tôt dans la journée, la ministre de l’Intérieur, Annemie Turtelboom (Open VLD), avait aussi déjà estimé que l’Allemagne jouait trop cavalier seul dans ce dossier.

De son côté, le ministre des Affaires Etrangères démissionnaire, Steven Vanackere (photo), déclarait à l’issue de la réunion du Comité ministériel restreint que la Belgique n’envisageait pas encore mardi soir d’organiser un rapatriement général de ses ressortissants vivant au Japon. Mercredi après-midi, la Belgique décidait cependant d'engager un Airbus pour rapatrier ses ressortissants du Japon dès vendredi.

Quelque 800 Belges résident en permanence au Japon. Nombre d'entre eux ont déjà quitté le pays de leur propre initiative depuis le tremblement de terre de vendredi dernier.