La pauvreté des enfants augmente rapidement

En douze ans, le nombre d’enfants qui naissent dans une famille exposée à un risque accru de pauvreté a doublé en Flandre. Près de la moitié des enfants de familles défavorisées vivent à Gand ou Anvers. C’est ce que révèle le Baromètre flamand de la pauvreté. La ministre régionale chargée de la Lutte contre la pauvreté, Ingrid Lieten (SP.A), demande donc à ses collègues de prendre des mesures supplémentaires.

Une étude de l’Institut pour un développement durable (IDD) révèle ce mercredi qu’entre 5 et 10% de la population belge vit dans la pauvreté. Ces citoyens cumulent « faibles revenus, difficultés matérielles, durée dans la pauvreté, faible implication sociale, accès limité voire nul à la culture et ont très peu ou pas d’espoir de voir l’ascenseur social fonctionner », commentent les auteurs de l’étude.

Ce mardi, les derniers chiffres en date du Baromètre flamand de la pauvreté étaient également publiés. Ils révélaient qu’en douze ans le nombre d’enfants qui naissent dans une famille exposée à un risque accru de pauvreté a doublé. Ainsi en 1997, quelque 4% des enfants en Flandre naissaient dans une famille défavorisée. En 2009, ce chiffre était passé à 8,3%, ce qui représentait un total de 5.500 enfants.

Près de la moitié des enfants exposés à l’indigence vivent à Anvers ou Gand, deux villes dans lesquelles la population devrait encore augmenter ces prochaines années. Les enfants concernés vivent dans une famille dont le revenu ne dépasse pas 1.013 euros par mois pour un parent isolé ou 2.128 euros mensuels pour une famille avec 2 enfants.

La misère semble toucher avant tout les seniors, les chômeurs, les familles monoparentales et surtout les allochtones. Plus de la moitié des enfants naissant dans un milieu défavorisé ont une mère d’origine allochtone. Si la situation ne change pas, ce groupe risque de se transformer en sous-classe sociale. Pour l’instant, l’objectif visé par le gouvernement flamand de descendre à un taux de 3,8% de pauvreté parmi les enfants semble très éloigné.

En 2010, le gouvernement flamand avait mis sur pied un plan de lutte contre la pauvreté qui comptait 194 mesures. Seules 14 d’entre elles ont déjà été appliquées. La ministre régionale de Lutte contre la pauvreté, Ingrid Lieten (SP.A, photo), organise actuellement un tour de concertations avec ses collègues pour tenter d’accélérer les mesures. Elle demande aussi que le contrôle budgétaire régional de la semaine prochaine prévoie une enveloppe plus large pour lutter contre la pauvreté.

« Il faut que nous fassions quelque chose. Investir aujourd’hui signifie d’immenses économies pour l’avenir, et une chance équitable pour tous les enfants », déclarait Ingrid Lieten. Par rapport au reste de l’Europe, la Flandre n’est pourtant pas si mauvaise élève. Le risque de pauvreté n’y dépasse pas 12%, alors que dans l’Union seuls quatre pays peuvent présenter de meilleurs chiffres sur ce plan.