La Belgique va-t-elle intervenir en Libye?

Dans l’émission "De ochtend" sur Radio Eén (VRT) le ministre des Affaires étrangères Steven Vanackere (CD&V) a estimé que la communauté internationale avait réagi très rapidement face à la situation en Libye. Le Chef de la diplomatie belge a ajouté que notre pays soutenait la résolution des Nations Unies adoptée cette nuit contre le régime de Kadhafi.

La résolution, qui a été adoptée cette nuit par 10 voix sur les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU- la Chine et la Russie se sont abstenues mais n'ont pas utilisé leur veto pour bloquer le texte -, impose un cessez-le-feu à l'armée libyenne et décide d'établir une interdiction de tous les vols dans l'espace aérien de la Libye de manière à protéger les civils.

Steven Vanackere a estimé que les critiques selon lesquelles la réaction de l’ONU arrivait trop tard pour arrêter Khadafi n’étaient pas fondées. "Comparativement à des conflits antérieurs, cette fois la réaction à été très rapide mais il était important de bien analyser la situation" a déclaré le ministre.

Trois conditions remplies

Trois conditions d'une participation de la Belgique à une intervention militaire en Libye sont remplies, ont constaté les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Steven Vanackere et Pieter De Crem (tous deux CD&V), vendredi à leur arrivée au conseil des ministres.

Un "besoin réel" d'intervention, un mandat de l'ONU et un soutien régional de pays arabes constituent les trois conditions que la Belgique avait posées pour un soutien à une intervention internationale contre le régime du colonel Kadhafi.

"Nous en avons ajouté une quatrième, à savoir, en cette période d'affaires courantes, la nécessité d'un soutien du parlement", dont les commissions de la Défense et des Affaires étrangères de la Chambre se réunissent en début d'après-midi pour se prononcer sur le projet que présentera le gouvernement après sa réunion en comité ministériel restreint, en fin de matinée.

La participation belge pourrait se décliner à travers des F16 ou son chasseur de mines Narcis, qui est déjà dans la région, a précisé Pieter De Crem.

Les moyens exacts doivent encore être discutés. Quoi qu'il en soit, la Belgique n'interviendrait que dans un second temps, à la demande de l'OTAN.

"Il faut bien différencier l'action d'Etats déjà en mesure d'intervenir, tels que la France, la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis, de ceux qui interviendraient dans un second temps, si l'OTAN est invitée à prendre ses responsabilités", a commenté Steven Vanackere.
Il fait état d'une "majorité parlementaire très large" pour une intervention, en tant que "partenaire fiable" de l'Alliance atlantique.