De Crem redoute de nombreuses victimes

L'opération lancée par la communauté internationale en Libye pourrait durer longtemps. Nous devons dès à présent envisager l’après-Kadhafi, a indiqué dimanche le ministre de la Défense Pieter De Crem (CD&V) lors de l'émission "De Ochtend" sur Radio Eén (VRT).

En principe, c'est dès ce lundi que des militaires belges participeront à l’opération militaire en Libye. La Belgique a annoncé qu'elle mettrait quatre F-16 et le chasseur de mines Narcis à disposition de l'intervention internationale. Le ministre n'exclut pas que cette opération fasse "un grand nombre de victimes".

Centre de commandement à Ramstein

Sur le plateau de "Zevende Dag" (VRT), Pieter De Crem a précisé dimanche que le centre de commandement de cette mission internationale avait été établi sur la base américaine de Ramstein (sud ouest de l'Allemagne). Chaque pays participant à la coalition internationale y gère une cellule nationale, qui se coordonne avec les autres pays participants, a-t-il expliqué.
A l'inverse de ses partenaires européens, l'Allemagne s'est abstenue la semaine dernière lors du vote de la résolution 1973 par le conseil de sécurité des Nations unies.
Interrogé également sur la VRT, le ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, a jugé que l'établissement du centre de commandement à Ramstein était "un signal important de la volonté allemande de succès" pour cette mission multinationale.

" Naturellement cette opération comporte des risques. C'est une opération qui nécessite une action, elle n'est pas seulement de soutien." a expliqué Pieter De Crem en comparant la présence belge en Afghanistan. Les militaires belges auront ainsi accès à certains moyens, "c'est à dire l'usage d'armes pour atteindre une stabilité."

Selon lui, l'intervention pourrait durer un certain temps. "Nous sommes maintenant en Libye, mais nous n'en sommes pas encore sortis", a-t-il ajouté.

"Le but final est la disparition du régime de Kadhafi et de donner ainsi aux citoyens libyens la possibilité de bâtir une société digne." Cela signifie non seulement "la création de conditions pour lancer la période post-régime Kadhafi mais aussi une présence après l'opération pour éviter que celle-ci n'ait été vaine."
Selon le ministre, les dégâts seront limités, dans le meilleur des cas, à beaucoup de dommages matériels, "mais dans ce cas-ci, on ne peut hélas pas non plus exclure la présence de nombreuses victimes."

Participation d'environ 230 militaires belges

Environ 230 militaires belges participeront à l'opération militaire contre les forces du colonel libyen Mouammar Kadhafi, écrit dimanche Het Nieuwsblad op Zondag.

Le nombre exact ne sera connu que lorsque l'on saura précisément où seront basés les F-16.

Sur le chasseur de mines Narcis se trouvent 32 officiers, sous-officiers et matelots.

Pour les quatre F-16, la Défense prévoit la mobilisation de 200 militaires. "Entre 150 et 220 hommes sont prêts, dont 12 ou 13 pilotes.

Les chasseurs aériens voleront peut-être 24 heures sur 24", explique le porte-parole de la Défense, Kurt Verwilligen.

"Il y a aussi une importante délégation de personnel technique. Il s'agit de spécialistes de l'électronique et de techniciens qui s'occuperont de l'entretien des moteurs et de la mécanique. Ce sont les bases aériennes de Kleine Brogel et Florennes qui fournissent le personnel."

Le nombre définitif de personnel mobilisé ne pourra être déterminé que lorsque l'on saura sur quelle base seront envoyés les avions militaires belges. "Pendant la guerre au Kosovo, nous partagions une base aérienne avec les Pays-Bas. Les spécialistes avaient, à l'époque, été également partagés", ajoute Kurt Verwilligen. "L'Italie a déjà proposé ses bases militaires. Si plusieurs pays utilisent la même base, cela a des conséquences sur le personnel de soutien."