Leterme: "La Belgique prendra ses responsabilités"

Le Premier ministre Yves Leterme a assuré lundi devant la Chambre que la participation belge à l'opération "Aube de l'Odyssée" en Libye resterait dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui prévoit l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne "essentielle" au dessus du territoire libyen.

La Belgique a décidé la semaine dernière de contribuer à cette opération en engageant des chasseurs-bombardiers F-16, une décision qui a été approuvée à l'unanimité par les députés des commissions des affaires étrangères et de la défense de la Chambre. Sur cette base, Yves Leterme a confirmé l'engagement de la Belgique lors du sommet organisé samedi à Paris.
 

"Les objectifs que nous recherchons sont "l'instauration d'un cessez-le-feu immédiat, la cessation complète de toute violence et des attaques (commises par le régime du leader libyen Mouammar Kadhafi) contre les civils et le respect par la Libye du droit international", a affirmé le chef du gouvernement à l'ouverture d'une session plénière extraordinaire de la Chambre.

"Pour atteindre ces objectifs, l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne (une "no fly zone" en anglais) est essentielle. Cela comprend la destruction de toute la défense anti-aérienne dont dispose la Libye", a ajouté Yves Leterme (CD&V), en rappelant que cette phase avait débuté samedi, mais sans participation belge.

"C'est aussi dans ce cadre et dans le cadre du droit applicable aux conflits que nos militaires seront engagés", a poursuivi le Premier ministre, alors que le gouvernement venait de s'accorder sur les règles d'engagement qui seront applicables aux aviateurs belges lors des missions au dessus de la Libye - après quelques tensions au sein de la coalition gouvernementale dues à des déclarations du ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V), envisageant des actions "offensives".

Divergences de vue au sein du gouvernement

Un Conseil des ministres extraordinaire a eu lieu  lundi peu après 13 heures pour fixer le cadre précis de l'engagement des forces belges dans l'opération "Aube de l'Odyssée" et aplanir les divergences visibles entre partis de la coalition gouvernementale.

Le ministre de l'Energie, Paul Magnette (PS) s'est ainsi montré "surpris" par des déclarations faites par son collègue de la Défense Pieter De Crem (CD&V) envisageant des actions "offensives" afin d'obtenir à terme la traduction du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi devant la Cour pénale internationale (CPI).
Il faut s'en tenir strictement au cadre fixé par la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU, a en substance renchéri la vice-première ministre Laurette Onkelinx (PS) à son arrivée au 16 rue de la Loi.
Le vice-premier ministre MR Didier Reynders a quant à lui récusé toute "démarche hypocrite". Nous avons décidé de contribuer à la coalition internationale mise sur pied pour faire cesser la répression de la population locale par le régime "y compris avec des moyens qui contiennent des forces de frappe", a-t-il dit.
"La Belgique ne peut se trouver en deuxième ou troisième ligne", a-t-il ajouté.