Le Soir s’explique face aux Flamands

Le Soir a publié ce mardi une édition spéciale dans laquelle les cinq premières pages sont écrites en néerlandais. A travers cette initiative unique, le journal francophone veut expliquer aux Flamands sa manière de travailler, et parallèlement donner la réplique au président de la N-VA, Bart De Wever.

"Cela fait plusieurs années que notre image se détériore en Flandre", explique le directeur général du Soir, Didier Hamann. "C'est notamment dû à un manque de connaissance du journal et à certains clichés principalement colportés par Bart De Wever".

Avec cette édition partiellement néerlandophone, Le Soir espère convaincre les Flamands de leur bonnes intentions. "Forgez-vous votre opinion", est ainsi le message lancé par ce numéro spécial.

"Nous voulons signaler aux habitants du nord du pays que nous nourrissons un grand intérêt pour ce qui se passe en Flandre, et que l’opinion des flamands compte pour nous, contrairement à ce que prétend la caricature que la N-VA fait de nous", souligne de son côté la rédactrice en chef du journal, Béatrice Delvaux (photo).

Les relations entre Le Soir et la N-VA se sont fortement gâtées ces dernières années. Un éditorialiste du journal avait ainsi appelé à ce que Bart De Wever soit interné, alors que la N-VA avait nommé Le Soir "la gazette des Milles Colines", faisant allusion à la radio propagandiste qui a joué un rôle significatif lors du génocide rwandais.

Le Soir n’apprécie pas que Bart De Wever refuse depuis un certain temps tout contact avec le quotidien. "Il nous faut donc trouver d’autres moyens pour se tourner vers les Flamands, d’où cette édition spéciale en néerlandais", a expliqué Béatrice Delvaux. Elle indique par ailleurs que Le Soir a maintes fois tenté ces dernières années de construire des ponts entre les deux communautés, en collaborant notamment avec des quotidiens flamands.

"Une édition de guerre"

Selon le vice-président de la N-VA, Ben Weyts (photo), cette édition spéciale est une stratégie en vue d’atteindre un objectif bien spécifique.

"C’est une manière de vendre leur journal, et de se profiler comme l’ennemi numéro 1 de la N-VA. Ils espèrent ainsi vendre plus d’exemplaires chez les francophones de la périphérie flamande de Bruxelles", a-t-il ainsi déclaré à la VRT.

"L’intention est soi-disant la pacification, mais pour moi cela semble plus être une édition de guerre. Ils appellent au dialogue mais je trouve que c’est une étrange manière d'appeler au dialogue", a encore ajouté Ben Weyts.