Les affaires courantes pointées du doigt

Ces derniers temps, de plus en plus de critiques sont émises à l’encontre du gouvernement en affaires courantes. Selon certains, ce dernier fait usage de pouvoirs qui ne font pas partie de ses compétences officielles. Le Vlaams Belang a dans ce cadre déposé plainte auprès du Conseil d’Etat. Bart De Wever (N-VA) et Johan Vande Lanotte (SP.A) remettent également l’actuel gouvernement en question.

Quelque 283 jours après les élections législatives, il semble que le gouvernement en affaires courantes d’Yves Leterme ne sera pas remplacé sous peu par un gouvernement à part entière.

Pour le président de la N-VA, Bart De Wever, les obstacles qui empêchent la formation d’un nouveau gouvernement sont plutôt de nature stratégique. "Ce gouvernement déclare la guerre. Il met en place un budget pluriannuel", indique-t-il ainsi dans l’émission ‘De laatste Show’ de la VRT. "Mais pour le PS, qui se prend pour le plus fort dans le gouvernement, il n’existe dès lors plus de pression en vue d’aboutir à un accord", dénonce-t-il.

De son côté, le parti flamand d’extrême droite, Vlaams Belang, a déposé plainte contre le gouvernement en affaires courantes auprès du Conseil d’Etat, dans le cadre de la nomination du gouverneur de la Banque nationale.

Fin février, le gouvernement d’Yves Leterme avait en effet désigné Luc Coene à la succession de Guy Quaden, une décision qui doit normalement être prise par un gouvernement de plein droit.

"Nous voulons mettre une limite à la transgression des compétences constitutionnelles du gouvernement", a déclaré le député du Vlaams Belang Gerolf Annemans (photo) lors de l’émission matinale ‘De Ochtend’ (VRT).

L’ancien médiateur royal, Johan Vande Lanotte (SP.A) est lui aussi critique envers cette nomination. "Il ne s’agit pas d’une affaire urgente. Nous sommes actuellement dans un pseudosystème. Le gouvernement n’a pas de réelle majorité, et l’opposition n’est pas vraiment une opposition. Quant aux négociations, elles n’avancent pas vraiment. Les négociateurs n’ont apparemment même pas le temps de se réunir. Tout cela est une atteinte à la démocratie", a-t-il déclaré.

Vande Lanotte (photo) souligne toutefois que le parlement n’a pas les mains liées par les affaires courantes. "Conternant la participation à l’intervention en Libye, il y a une majorité. Le gouvernement est ainsi couvert pour cette décision", a-t-il enfin souligné.