Sommet européen pour des mesures de crise

Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays de l’Union se retrouvent ce jeudi dès 17h00 à Bruxelles pour un sommet printanier de deux jours. Ils devront y discuter de mesures économiques, qui sont partiellement contestées par les syndicats européens, ainsi que du sauvetage de pays de la zone euro en détresse financière. Mais l’opération militaire en Libye et les conséquences du séisme au Japon figurent également à l’agenda du Conseil européen.

L’agenda officiel du sommet de Bruxelles porte avant tout sur la finalisation des mécanismes de sauvetage pour les pays de la zone euro qui sont en détresse financière. Après s’être mis d’accord sur un pacte de compétitivité, les vingt-sept devraient valider le doublement des moyens, à 440 milliards d’euros, d’une Facilité financière temporaire. Mais ils devraient aussi donner le feu vert au futur Mécanisme européen de stabilité (MES) permanent, d’une capacité de prêt de 500 milliards d’euros, qui devra prendre en 2013 le relais du Fonds européen de stabilité financière (FESF) temporaire.

Mais le Conseil européen - présidé par le Belge Herman Van Rompuy (photo principale) - devrait aussi approuver un paquet de mesures qui permettront une gestion économique plus stricte. Ceci doit garantir une stabilité financière de l’Union et jeter les bases d’une Europe économiquement et financièrement saine.

C’est précisément contre les mesures d’austérité et de compétitivité négociées au sommet de Bruxelles que les syndicats manifestaient ce jeudi dans la capitale belge, avec le soutien de la Confédération européenne des syndicats. Une centaine de membres de la FGTB socialiste avaient déjà manifesté lundi devant la chancellerie allemande, à Berlin.

A l’ordre du jour figure aussi le "Semestre européen". Lancée en janvier 2011 avec l’examen annuel de la croissance, puis des débats au Parlement européen et une évaluation de la Commission, la première phase de ce nouveau processus aboutira au sommet de Bruxelles lorsque les 27 décideront d’orientations stratégiques en matière de budget et de politiques de l’emploi pour l’année à venir.

Chaque Etat membre devra ensuite tenir compte de ces orientations au moment de remettre simultanément à la Commission européenne, à la mi-avril, son programme de stabilité ou de convergence et son programme national de réformes pour l’année qui suit. Ceci doit permettre de repérer rapidement d’éventuels problèmes au sein de l’Union.

Libye et Japon ajoutés au menu

Outre les discussions sur l’important volet économique, les vingt-sept se pencheront également dès ce jeudi soir sur la situation en Libye et celle au Japon. Les chefs d’Etat et de gouvernement évoqueront notamment les frappes (photo: Tripoli) effectuées par les armées de plusieurs pays de l’UE en Libye, ainsi que la cacophonie diplomatique qui entoure cette opération. Pour rappel, l’Italie et l’Allemagne ont exprimé officiellement leurs réticences face à l’empressement de la France et du Royaume-Uni à bombarder les positions libyennes.

D’autres pays, comme la Pologne, sont plus réservés. La Belgique met, elle, à disposition des avions F-16 et un chasseur de mines. L’engagement des moyens de l’Otan est aussi un sujet polémique au sein de l’Union. Les 27 états membres de l’UE semblent par contre être maintenant d’accord sur la nécessité de mettre sur pied une aide humanitaire dans toute la zone des pays méditerranéens.

En ce qui concerne de Japon, sévèrement touché par un séisme et le tsunami qui a suivi, mais aussi par d’importants problèmes à la centrale nucléaire de Fukushima, les 27 exprimeront officiellement leur soutien au pays asiatique. Ils évoqueront en outre la sécurité de centrales nucléaires en général.

"L'UE ne prend pas de mesures pour le plaisir"

Réagissant ce jeudi midi aux protestations des syndicats rassemblés dans les rues de Bruxelles, le président européen Herman Van Rompuy (photo, au centre) a affirmé que les mesures de crise prises par les 27 états membres de l'Union ne visaient pas à démanteler la protection sociale des travailleurs, mais bien au contraire à maintenir un confort de vie pour l'ensemble de la population européenne. 

"Tant au niveau européen que national, nous avons dû prendre des mesures peu populaires. Nous ne l'avons pas fait avec plaisir, mais parce que nous estimons que sauvegarder la stabilité de la zone euro est important pour la population et pour l'emploi", déclarait Van Rompuy.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso (photo, à dr.), assurait pour sa part que l'Europe ne veut pas miner la concertation sociale. "Les traditions de concertation sociale seront toujours respectées. Bruxelles ne fixera pas les salaires dans les états membres, mais il est difficile de ne pas parler de salaires quand on discute de la compétitivité de l'Union".