L’Otan surveillera l'exclusion aérienne

Rassemblés ce jeudi à Bruxelles, les 28 pays de l’Otan se sont mis d’accord pour prendre en charge d’ici peu la zone d’exclusion aérienne dans le ciel libyen, mais pas pour effectuer des frappes aériennes au sol. Cette mission reste dévolue à la coalition internationale, dont fait partie la Belgique. Les Emirats Arabes Unis rejoindront cette coalition.

Ces derniers jours, la Turquie avait exprimé de vives critiques à l’encontre des opérations aériennes au-dessus de la Libye et Ankara refusait que l’Otan reprenne des mains des Etats-Unis le commandement de ces opérations. Les USA demandaient cependant à être déchargés aussi rapidement que possible du commandement.

Ce jeudi soir, les 28 pays membres de l’Alliance Atlantique s’étaient rassemblés au siège de l’Otan à Bruxelles et le ministre turc des Affaires Etrangères, Ahmet Davutoglu, s’entretenait via conférence téléphonique avec ses collègues américain, britannique et français. Un accord était ainsi finalement conclu sur la passation du commandement des opérations.

Les modalités de la reprise du commandement ont été révélées ce jeudi soir, après le conseil de l’Otan à Bruxelles. Le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen (photo), indiquait ainsi que les 28 pays membres de l’Alliance ont « décidé de mettre en œuvre la zone d’interdiction de survol au-dessus de la Libye. Les alliés s’occuperont de faire respecter cet espace d’exclusion de vol et pourront faire usage de leurs armes en situation d’auto-défense ».

Pour le moment, l’Otan ne reprend donc pas le commandement des frappes aériennes au sol contre des cibles libyennes qui menaceraient les populations civiles, telles que des blindés ou des équipements militaires. Cette mission-là reste dévolue à la coalition internationale, emmenée par la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis depuis le début des hostilités le 19 mars. Les deux commandements opèreront donc côte-à-côte.

"Un large soutien"

A l’issue de la décision, le Premier ministre belge démissionnaire Yves Leterme (CD&V) a précisé que l’Otan prendrait le commandement militaire de l’opération, mais que le pilotage politique de l’intervention militaire en Libye serait confié à un forum des pays membres de la coalition (distinct de l’Otan), comprenant aussi des pays de l’Union Africaine et de la Ligue Arabe. « Il est important que le soutien soit plus large que les seuls pays de l’Otan », estimait Leterme (photo).

Selon des sources divergentes, l’Otan pourrait reprendre en charge la zone d’exclusion aérienne d’ici un ou deux jours, ou alors lundi ou mardi prochains. Le président français Nicolas Sarkozy annonçait jeudi soir que les Emirats Arabes Unis rejoindront finalement la coalition internationale.

Pour rappel, l’Otan a entamé mercredi soir des patrouilles au large des côtes de la Libye, pour veiller au respect de l’embargo sur les armes décidé par les Nations Unies. La Belgique participe à cette opération « Unified Protector » depuis mercredi soir, par le biais de son chasseur de mines Narcis.