Le Pacte pour l’euro largement adopté

Au premier jour du sommet européen de printemps à Bruxelles, 23 des 27 pays de l’Union se sont engagés à une convergence accrue de leurs économies. Les Etats membres ont aussi approuvé des mesures pour renforcer la discipline budgétaire et créer un Fonds permanent de stabilité dès 2013. Des tests stricts de résistance des banques sont encore menés. Les 27 ont aussi décidé de mettre le régime libyen sous pression financière.

Rassemblés jusque dans la nuit de jeudi à vendredi à Bruxelles, au premier jour de leur sommet printanier, les chefs d’Etat et de gouvernement de pays de l’Union européenne ont adopté « un paquet complet de mesures économiques », indiquait le président permanent du Conseil européen Herman Van Rompuy (photo).

Il s’agit tout d’abord d’un vaste dispositif de défense contre les crises de la dette de pays individuels, alors que le Portugal est en difficultés, après la Grèce et l’Irlande. Le dispositif comprend un renforcement du Fonds de secours financier temporaire de la zone euro (FESF) mis en place il y a un an pour aider les pays en difficultés budgétaires. Ce Fonds voit ses moyens doublés, pour atteindre 440 milliards d’euros.

Les 27 ont aussi donné le feu vert au futur Mécanisme européen de stabilité (MES) permanent - le dispositif qui succèdera en 2013 au MES -, en le dotant de 500 milliards d’euros de capacité de prêt. Pour y parvenir, les pays de la zone euro verseront dès 2013 quelque 80 milliards d’euros en injection de capital. Nouveauté : les Fonds de secours pourront acheter directement de la dette publique d’Etats en difficultés, en échange d’un programme très strict de mesures d’économie.

Les dirigeants de l’Union ont également adopté un ensemble de mesures pour renforcer la discipline budgétaire commune. Ces mesures prévoient notamment des punitions d’un type nouveau pour les mauvais élèves en matière de déficit et dette. Les amendes s’appliqueront plus rapidement et plus automatiquement qu’à présent.

Alors que des tests de résistance sont actuellement menés sur les banques européennes, pour vérifier leur solidité (les résultats doivent être publiés prochainement), les pays membres devront préparer des stratégies pour la restructuration des institutions vulnérables.

"Un Pacte plus pour l’euro"

Il y a deux semaines, les 17 pays de la zone euro s’étaient déjà mis d’accord sur l’adoption d’un Pacte pour l’euro - à l’initiative de la France et de l’Allemagne -, qui vise à mieux accorder leurs économies, pour éviter des crises comme celles que traversent la Grèce et l’Irlande d’une part, et pour accroître la compétitivité de l’Union d’autre part.

Les pays adhérant au Pacte s’engagent à réformer leurs économies et leurs systèmes de pensions, si nécessaire, à limiter strictement le niveau de leur dette publique, ainsi qu’à pratiquer une modération salariale.

Ce jeudi, six pays qui n’appartiennent pas à la zone euro - la Roumanie, la Bulgarie, la Pologne, la Lituanie, la Lettonie et le Danemark - répondaient à l’invitation de se joindre au Pacte pour l’euro. Seuls la Grande-Bretagne, la Suède, la République tchèque et la Hongrie s’en abstiennent donc actuellement. « Nous avons donc adapté le « Pacte plus pour l’euro ». Il procurera une nouvelle qualité de coordination économique », affirmait Herman Van Rompuy.

Le Premier ministre belge démissionnaire Yves Leterme (photo)  estimait pour sa part que le renforcement de la compétitivité de l’Union est une bonne chose pour la structure sociale. « Je comprends les organisations sociales, elles expriment à juste titre les inquiétudes de la population. Mon message est cependant que si nous augmentons notre pouvoir de concurrence, nous renforcerons notre économie et nous maintiendrons notre structure sociale ».

Libye : sanctions renforcées

Les pays de l’Union européenne se sont également mis d’accord pour que l’Otan reprenne en charge la surveillance de la zone d’exclusion aérienne dans le ciel libyen. L’Otan n’effectuera cependant pas des frappes aériennes au sol en Libye. Cette mission restera pour l’instant dévolue à la coalition internationale - emmenée par la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis -, dont fait partie la Belgique.

« Nos objectifs politiques restent les mêmes : Kadhafi doit s’en aller et la transition politique doit être assurée par les Libyens eux-mêmes », affirmait le président permanent Herman Van Rompuy.

Le 27 se sont mis d’accord pour bloquer tous les revenus provenant de la vente de gaz et de pétrole, afin qu’ils ne parviennent pas dans les caisses du régime du colonel Kadhafi.

Ce vendredi, les chefs d’Etat et de gouvernement européens se sont également mis d’accord pour organiser des tests de résistance pour les centrales nucléaires européennes, dans le but d’éviter une catastrophe de l’ordre de celle à laquelle est confronté le Japon, à la suite du séisme, avec sa centrale de Fukushima (photo).

Les vingt-sept ont également discuté, jusqu’à l’heure de midi et la clôture du sommet de deux jours à Bruxelles, de la sécurité de l’énergie nucléaire et de la fermeture éventuelle de centrales.